Avr 232019
“Né d’aucune femme” / “Refaire le monde”

Me voici de retour, après ces belles vacances de Pâques ! Mes petits lecteurs sont à l’école, la maison est à moi (youpie !) et j’ai enfin le temps d’écrire mes billets … Deux minis chroniques pour le prix d’une, en cette rentrée …

On commence avec “Né d’aucune femme”, de Franck Bouysse. Que dire de plus que ce qui a déjà été écrit partout sur la blogo ? Je ne l’aurais jamais lu sans Bookstagram. A force de le voir partout, et encensé, j’ai fini par craquer pour l’histoire de Rose. Et quelle histoire que celle de cette jeune fille vendue par son père à un quasi psychopathe … J’avais lu que c’était insoutenable, et par moments, ça l’est. Mais, à ma grande surprise, j’ai été moins choquée que prévu. Pourquoi ? parce que c’est trop. c’est too much. Trop de violence, de noirceur, de désespoir pour la pauvre Rose. C’est un conte cruel, avec tous ses archétypes : l’ogre (le psychopathe), la sorcière (sa mère), la pauvre victime (Rose), l’éventuel chevalier sauveur, le château, la chambre interdite, le père miséreux qui vend sa fille, la forêt … C’est tellement un conte plutôt qu’un roman crédible, que j’y ai trouvé une distance qui m’a permis de le lire sans (trop) être heurtée.

La seule chose qui me rattache à la vie, c’est de continuer à écrire, ou plutôt à écrier, même si je crois pas que ce mot existe il me convient.

Au moins, les mots, eux, ils me laissent pas tomber. Je les respire, les mots-monstres et tous les autres .

Rose est un magnifique personnage, et sa terrible histoire est digne d’un film d’épouvante. L’écriture de Franck Bouysse est poignante, sensible et poétique. J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman noir, sombre et cruel, et je comprends l’engouement que ce roman a suscité, mais, si je l’ai dévoré, je n’en ferai pas un coup de coeur.

Deuxième mini chronique : “Refaire le monde”, de Julia Glass. Un énorme pavé de 800 pages qui m’a pris toutes les vacances 😉 Après ma lecture en demi-teinte de “Une maison parmi les arbres”, j’avais envie de découvrir un autre titre de l’auteure. Celui-ci est un roman choral foisonnant de personnages, et qui suit leurs vies plus ou moins entremêlées sur plusieurs années, de New-York au Nouveau Mexique, où Greenie, chef pâtissière est engagée. Elle laisse à N-Y son mari Alan, un psy limite dépressif, emmenant leur fils de 4 ans, George. A côté, nous suivons Walter, chef restaurateur gay, dans ses interrogations de couple, et Saga, une jeune femme qui a partiellement perdu la mémoire après un accident. Une histoire où la cuisine tient une grande place (et c’est alléchant), de même que les interrogations de plusieurs couples de longue durée, en crise.

Un couple qui survivait à une liaison était comme une tasse de porcelaine dont l’anse avait été cassée. On pouvait la recoller, mais on verrait toujours la trace de la cassure, et quand on la tiendrait entre ses mains, on ne pourrait jamais avoir la certitude qu’elle ne se recasserait pas exactement au même endroit.

Si j’ai lu ce roman jusqu’au bout avec un certain plaisir, j’y ai néanmoins trouvé beaucoup de longueurs et j’ai allègrement sauté quelques pages. Les personnages sont tous attachants, mais le roman aurait gagné à être raccourci de scènes inutiles. Une lecture à nouveau mitigée donc … Il me reste “Louisa et Clem” dans ma pal, mais ce ne sera pas pour tout de suite …

  • “Né d’aucune femme”, Franck Bouysse, La manufacture de livres, 2019, 333 pages
  • “Refaire le monde”, Julia Glass, j’ai lu, 2009, 830 pages

Reader Comments

  1. Concernant Né d’aucune femme je vois que toi aussi tu as succombé. Je lis très peu de romans noir et j’avoue que là l’écriture et la construction du récit m’ont complètement embarquées et j’ai eu un coup de coeur pour Rose et ses souffrances. 🙂

  2. J’ai lu “né d’aucune femme “, j’ai bien aimé, mais mon impression fut un peu la même que la tienne. C’était tellement “too much”, que je n’ai pas réussi à être dans l’empathie. Je dirais que ce fut en tout cas un agréable moment de lecture. ☺

  3. ah le Bouysse est pour l’instant mon gros favori de ce début d’année! ravie que tu l’aies apprécié également 🙂

  4. Je suis contente de lire que tu as apprécié le Bouysse!

    Celui de Julia Glass me tente bien, j’avais beaucoup aimé sa Maison parmi les arbres même si j’ai un peu peur des longueurs !

Write a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *