Catégorie : Déceptions

Transcription, Kate Atkinson

Un nouveau roman de Kate Atkinson, c’est comme Nöel pour moi, je guette la traduction en français pendant des mois et quand elle est annoncée je trépigne comme une gamine. Puis, je fonce l’acheter le jour de sa sortie et je le savoure. Enfin, d’habitude … car ici, “Transcription” est une grosse déception.

1940, Juliette, une jeune femme, est engagée pour transcrire les conversations d’un groupe de sympathisants au nazisme. Excitée par son rôle d’espionne, Juliette déchante vite devant l’ennui des dialogues entendus à retranscrire (et nous aussi).  A la fin de la guerre, devenue productrice à la BBC, Juliette est confrontée à ses agissements et ses décisions. (suite…)

En nous beaucoup d’hommes respirent, Marie-Aude Murail

Voilà un livre qui m’avait bien tapé dans l’oeil : richement illustré de photos vintage et d’extraits de lettres manuscrites, la vie de Marie-Aude Murail, auteur reconnue mondialement. J’avais lu des critiques élogieuses, notamment chez Cuné.

En tant que bibliothécaire, j’ai des demandes tous les jours pour l’un ou l’autre livre de Marie-Aude Murail, mais je n’ai lu (et adoré) que “Miss Charity”. J’attendais néanmoins beaucoup de ce bel objet-livre, j’attendais d’être transportée dans le temps, dans les histoires d’amour des grands-parents de l’auteur, dans son récit de vie. (suite…)

Le baiser dans la nuque, Hugo Boris

Bien loin du Festival America omniprésent sur les blogs, auquel je n’ai même pas pu rêver de participer, me voici avec une petite déception.

Bouh.

Un roman qui parle de piano, d’amour et de maternité, je n’aurais pas pu rêver meilleur pitch ! Et la couverture, sublime. Mais ça n’a pas matché …

Fanny, sage-femme, est atteinte d’une maladie qui la rend sourde petit à petit. Bientôt, elle le sera complètement … avant cela, elle décide d’apprendre le piano, avec Louis pour professeur. Louis, rencontré à la maternité. Au fil des leçons, une relation pudique et faite de non-dits s’installe entre Fanny et Louis. (suite…)

La vie rêvée de Virginia Fly, Angela Huth

dav

Virginia, une jeune femme au prénom prédestiné, a 31 ans, est enseignante et vit chez ses parents, en Angleterre. Signe particulier : toujours vierge, mais pétrie de fantasmes où un “homme à la moustache noire” abuse d’elle. Terne et grise, Virginia vit sa petite vie monotone, entre ses cours, ses parents, son correspondant américain et “le professeur” qui l’emmène au concert de temps en temps, jusqu’au jour où elle accepte une interview télévisée pour parler de sa virginité (!).

Repéré sur quelques blogs, ce roman me faisait de l’oeil, et j’ai eu la chance de le trouver d’occasion. Ayant un excellent souvenir de ma lecture du même auteur “Mentir n’est pas trahir”, je me suis plongée dans la vie de Virginia, tout d’abord avec délices, avant de déchanter. (suite…)

Un peu, beaucoup, à la folie – Liane Moriarty


“Trois couples épanouis. De charmants enfants. Une amitié solide. Et un barbecue entre voisins par un beau dimanche ensoleillé : tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment. Alors, pourquoi, deux mois plus tard, les invités ne cessent-ils de se répéter : « si seulement nous n’y étions pas allés » ?”

Ayant adoré et dévoré les deux romans précédents de Liane Moriarty, je me suis jetée sur son dernier-né avec enthousiasme et la quasi certitude de passer un excellent moment de lecture “détente”.
Et ce fut le cas, même si j’ai quelques réserves que je n’avais pas pour les premiers titres de l’auteur …

Agacement n°1 : ok, la construction est exactement la même que pour ses autres romans. Chaque personnage a droit à son chapitre, en alternance, pour nous raconter ce fameux barbecue, au ralenti …

Agacement n°2 : c’est leeeeeent ! Mais où veut-elle en venir ? Que s’est-il passé de si terrible ? Pourquoi ne le sait-on toujours pas à la moitié du livre ??? Accouuuuuuuuche (on se calme).


Agacement n°3
: cette manie de finir un chapitre sur la sensation qu’on va enfin savoir …. mais non, il faudra (peut-être) attendre le prochain.

J’ai l’air de beaucoup râler, mais une fois arrivée donc à la moitié de l’intrigue, l’histoire a pu avancer un peu, et s’est révélée passionnante. Les personnages, bien qu’assez caricaturaux, gagnent en épaisseur selon leurs réactions face au fameux incident, et le lecteur peut un peu plus s’y attacher.

J’ai fini par dévorer le livre, enfin soulagée de mes agacements, avec le plaisir den bon roman pour se vider la tête, mais en étant tout de même contente de ne pas avoir déboursé 22.90 € pour l’acheter (vive le métier de bibliothécaire !).

Je le conseille donc comme lecture de vacances, c’est distrayant et bien ficelé, mais à choisir, préférez nettement “Le secret du mari” ou “Petits secrets , grands mensonges”, où je me suis régalée du début à la fin, sans agacement aucun (et ils sont en poche, que demande le peuple ?).

“Un peu, beaucoup, à la folie” (Truly, madly, guilty), Liane Moriarty, Albin Michel, 519 p.

 

La chambre des merveilles, Julien Sandrel

Un samedi matin, Louis, douze ans, percute un camion de plein fouet sous les yeux de sa mère. Thelma, toujours vissée à son portable même le week-end, accro aux boulot, pressée, stressée, n’a pas écouté son fils qui voulait lui confier ses premiers émois amoureux. Et maintenant, Louis est dans le coma … les jours passent, les médecins donnent à Thelma une date, date à laquelle ils débrancheront son fils. Ravagée par le chagrin, Thelma découvre sous le lit de Louis son “carnet des merveilles”, toutes les choses qu’il rêve d’accomplir “avant de mourir” et décide, pour aider son fils à se battre pour vivre, de réaliser chaque merveille du carnet …
Le résumé de ce roman, qui sortira demain, m’a tout de suite follement attirée.  Le bandeau rouge accompagnant le livre annonce un “coup de coeur éditorial dans le monde entier”, avant même sa sortie, et m’a encore plus alléchée.
J’ai lu ce roman avec plaisir en deux petits jours, pressée d’en connaître la fin, et ce fut une lecture agréable, sans être un coup de coeur. Louis, dans son coma, entend sa mère, s’étonne de son audace à réaliser ses merveilles, du haut de ses 40 balais, lui qui a des rêves d’ado (mention spéciale à la rencontre avec Maître Gims …).
Les personnages secondaires sont attachants également, que ce soit l’infirmière attentive, l’amie de Louis, ou son papa (là j’ai craint l’histoire d’amour bateau, et regretté quelques très grosses ficelles, mais l’auteur s’en tire bien au final).
Un bon moment de lecture donc, mais il m’a manqué de la profondeur dans l’écriture, je m’attendais peut-être à beaucoup, grâce au bandeau qui promettait un gros coup de coeur … Je n’ai pas été emportée comme je l’aurais voulu … mais je lis beaucoup de critiques extrêmement positives sur ce roman, qui est certainement promis à un grand succès.
“La chambre des merveilles”, Julien Sandrel, Calmann-Levy, sortie le 07 mars 2018
Je remercie les éditions Calmann-Levy, pour cette lecture !

 

Emma dans la nuit, Wendy Walker

Quand on m’a proposé de recevoir le nouveau roman de Wendy Walker grâce à une édition de Masse Critique privilégiée sur Babelio, j’étais enthousiaste. J’avais aimé son premier roman, “Tout n’est pas perdu”, du moins en avais-je gardé le souvenir d’une bonne intrigue psychologique. Je remercie d’ailleurs les éditions Sonatine et Babelio pour cet envoi 😉

Le pitch : les soeurs Tanner, Emma et Cass, ont mystérieusement disparu, sans laisser de traces, un soir, après une dispute. Enlèvement ? Fugue ? Accident ? Nul ne le sait. Trois ans plus tard, Cass réapparaît. Le FBI, accompagné de la psy Abigail Winter, passionnée par l’affaire, interroge alors Cass, qui clame avoir été victime d’un enlèvement et emmenée sur une île mystérieuse, où sa soeur Emma serait toujours captive. Mais rien n’est simple dans l’histoire de Cass, et surtout dans cette famille dysfonctionnelle, où les secrets et les coups bas sont rois.

Après avoir lu ce roman, je me suis penchée sur ma critique de “Tout n’est pas perdu”, et, bingo, je pourrais vous réécrire la même.

A savoir que, selon moi, voici un excellent page turner psychologique, dont l’intrigue ne souffre d’aucun temps mort, plein de fausses pistes, où le lecteur se passionnera à démêler le vrai du faux, et tournera les pages avidement, peut-être y passera une nuit blanche.

C’est effectivement une bonne histoire. Mais c’est tout. On pourrait en faire un téléfilm du dimanche soir, où l’on se plongerait dans l’intrigue comme dans un bon bain chaud.

Mais côté écriture, côté émotions, zéro, nada. L’écriture est froide et si j’ai apprécié les explications psychologiques assez poussées sur certains troubles de la personnalité, que j’ai trouvées très intéressantes, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages. Aucun empathie pour Cass ni Emma, et la sensation d’un grand n’importe quoi, d’une intrigue bien ficelée mais complètement tirée par les cheveux, et surtout un grand regret : l’absence d’écriture, de musicalité, d’émotions.

C’est pour trouver tout cela que je lis : une bonne histoire ne suffit pas. Sinon je regarde Netflix.

Au final, un roman aussitôt lu, aussitôt oublié, mais qui devrait rencontrer son public …

“Emma dans la nuit”, Wendy Walker, Sonatine, 2018

Jungle, Monica Sabolo

On a beaucoup parlé récemment du “Summer” de Monica Sabolo, encensé sur la blogosphère. Curieuse, je l’avais emprunté au boulot, commencé dans le train, et fini le trajet en lisant la fin en diagonale, n’ayant pas du tout accroché à l’histoire …

Et puis, je suis tombée sur ce petit poche et j’ai décidé de redonner sa chance à l’auteur.

“Jungle” retrace l’amitié vénéneuse, toxique, étouffante et passionnée de deux jeunes filles, Louise la narratrice, et Julia, depuis leur enfance jusqu’à l’aube de l’âge adulte. Le livre débute par le suicide de Julia, qui se tranche les veines en bikini dans sa baignoire, après avoir écrit une déclaration à Louise, au rouge à lèvres, sur le miroir de la salle de bains. Le ton est donné, et Louise nous retrace ensuite l’amitié entre ces deux jeunes filles opposées. Tandis sue Louise, un peu garçon manqué, rêve d’aventures, se passionne pour les reptiles et joue à la jungle dans son jardin, Julia, sorte de “fille fatale”, n’a de cesse de vouloir être aimée et désirée, et couche pour cela avec tous les garçons qu’elle croise.

Les parents des deux amies sont eux-mêmes complètement paumés, entre tromperies, fuite, prise de médicaments ou d’alcools et séances chez le psy, pour faire attention à leur progéniture. C’est ainsi que Pierre, le frère de Louise, n’aura de cesse de provoquer des “accidents”, de se casser le nez ou la jambe, avec l’espoir d’attirer un peu leur attention …

Le roman, en plus de retracer une amitié possessive, qui flirte avec l’amitié amoureuse, est une description de l’adolescence typique telle qu’on la voit dans les séries américaines : sexe, drogue, alcool, soirées délirantes, rêveries et fantasmes. Les filles passent leur temps à soupirer après des garçons qui jouent les gros durs, et Louise raconte ses expériences amoureuses, toutes moins romanesques les unes que les autres.

J’ai lu ce roman assez court en quelques jours, sans déplaisir, avec parfois de l’agacement dû aux clichés adolescents cités plus haut, mais avec de la tendresse pour Louise et son obsession des reptiles, son imagination débridée et ses lettres loufoques à un aventurier célèbre. J’aurais voulu plus d’explication quant au destin de Julia, j’ai trouvé que le personnage, intéressant, n’était pas assez fouillé.

On lit sur la quatrième des références à “American Beauty” et “Virgin suicides”, rien que ça, et je suis d’accord pour les thèmes abordés, mais je reste un peu sur ma faim … Quelques pages de plus, un peu plus de réponses, ne m’auraient pas déplu …

“Jungle”, Monica Sabolo, Le livre de poche, 248 p.

Ginny Moon, tu n’étais pas pour moi

La quatrième : 

Pour la première fois de sa vie, Ginny Moon a trouvé sa Maison-pour-Toujours – un foyer avec une famille aimante qui saura la protéger et l’entourer. Le foyer dont n’importe quel enfant adopté pourrait rêver.
Alors pourquoi cette adolescente de 14 ans cherche-t-elle à tout prix à se faire kidnapper par sa mère biologique, incapable de s’occuper d’elle ? Pourquoi Ginny veut-elle absolument retourner dans cet appartement où elle a failli mourir ?
C’est une adolescente comme les autres – elle joue de la flûte, s’entraîne pour le tournoi de basket de l’école et étudie les poèmes de Robert Frost -, à un détail près : elle est autiste. Et certaines choses sont très importantes pour elle : commencer sa journée avec précisément neuf grains de raisin, chanter sur Michael Jackson (son idole), manger de la pizza au bacon et à l’ananas et, surtout, retrouver sa mère biologique pour pouvoir s’occuper de sa Poupée, qui court un grand danger.
Avec les moyens limités et pourtant redoutables d’une enfant enfermée dans son monde intérieur, Ginny va tout mettre en oeuvre pour la sauver.

J’ai ce livre reçu dans le cadre d’une Masse Critique de Babelio, avec des badges reprenant les phrases fétiches de Ginny, et je faisais des bonds dans ma cuisine. J’avais lu des critiques enthousiastes, j’étais émerveillée par les éloges dithyrambiques du livret qui accompagnait le livre, bref, j’étais conquise d’avance.

Mais ce fut une grosse déception …

Peut-être en attendais-je trop ? Je me suis souvenue que j’avais déjà eu ce coup-là avec “Nos années sauvages”, vendu partout sur la blogo comme le roman dont je ne me remettrais pas, et que je n’ai pas aimé du tout.

Pour “Ginny Moon”, je m’attendais à être bouleversée, rien de moins, mais je n’ai pas réussi à entrer dans le livre. Au lieu de m’attendrir, Ginny m’a horripilée. Sa quête m’a laissée de marbre, je plaignais ses pauvres parents au lieu d’être en empathie avec elle (suis-je un monstre ?), et le style d’écriture m’a rebutée.

Je suppose que cela arrive, d’en attendre trop d’un roman ou de ne pas être touchée par un personnage. Mais, bêtement, ça m’ennuie d’écrire une critique négative d’un roman qu’on a eu la gentillesse de m’offrir et de me proposer (oui, je me sens coupable !).

L’auteur explique qu’il est lui-même père adoptif d’un enfant autiste, et qu’il a beaucoup échangé avec d’autres parents. “Ginny Moon” plaira sans doute (plaît déjà) à beaucoup de lecteurs mais simplement, moi, il n’a absolument pas touchée. Un coup dans l’eau.

Je lis énormément, et j’apprends seulement maintenant à reconnaître mon style de romans, le type d’écriture qui me touche. Je lis par exemple de moins en moins de livres “légers”, car j’ai besoin de plus, au niveau de l’écriture. Il me faut une petite voix, quelque chose qui fait que ça coule tout seul, un auteur qui me prend par la main, me parle à l’oreille, et qui me donne la sensation que je suis chez moi dans cette histoire, que je vais regretter de terminer son livre.

Bref, l’histoire de Giny Moon est intéressante, mais sa “petite voix” ne m’a pas plu, je ne m’y suis pas retrouvée … Je m’attendais à autre chose …

Je remercie néanmoins Babelio et Harper Collins France pour l’envoi de ce roman, et je vais essayer de ne pas culpabiliser face à la note moyenne de 4.5/5 mise par les autres chroniqueurs sur Babelio …

“Ginny Moon”, Benjamin Ludwig, Harper Collins, 2017