Catégorie : Littérature américaine

“Nos années sauvages”, quelle déception …

Je vous avais annoncé une déception pour cette semaine … et bien nous y voilà.
Il y a autour de ce roman un réel engouement sur les blogs, et, comme d’autres, je me suis emballée par tous ces avis dithyrambiques, notamment celui de Pretty Books .
C’est donc les yeux fermés que je me suis précipitée en librairie, et que j’en suis revenue le bouquin sous le bras, me jetant sur les premières lignes.

 

Rebelote pour les avis élogieux
Il est très difficile de parler de ce roman sans en dévoiler l’intrigue. Au début, on a la sensation que l’auteur nous balade, on croit deviner des choses, on en est pas sûrs et on se demande où l’on va. Puis, au bout d’une centaine de pages, la révélation, tout s’éclaire (même si, pour une fois, j’avais deviné).
C’est une chronique un peu difficile à écrire, je ne sais par quel bout la prendre, car sans révéler de “truc”, je ne peux rien dire. On suit l’enfance, l’adolescence, la vie de jeune adulte de Rosemary, son passé qui la hante, sa recherche de son frère, et puis, “le truc”, la particularité de cette famille (je vous intrigue, là, non ?). Harlow, personnage un peu déjanté, vient mettre un peu la pagaille (et un peu de peps) dans tout ça, pour finalement s’évaporer dans la nature (et c’est bien dommage).
J’ai fini le roman, mais il m’a ennuyée, et ça, je ne m’y attendais pas. Peut-être, après avoir lu tous ces billets “torrents de larmes”, m’en étais-je fait une idée trop parfaite ?
Je m’attendais à être emportée, et au final, rien ne m’a touchée, ni l’héroïne, ni son combat, ni l’écriture de l’auteur, … rien de rien.
Et ça, c’est une sacrée déception …

 

“Nos années sauvages”, Karen Joy Fowler, Le Cherche-midi, 2016

“Dites aux loups que je suis chez moi”, un coup de foudre !

Je le disais sur la page Facebook du blog, les articles à venir sont un giga coup de coeur, une déception et une photo de ma PAL (le teasing de malade !).
Pour bien commencer la semaine, après ce long week-end ensoleillé, voici  donc le giga coup de coeur !
J’étais passée complètement à côté de ce roman, au titre mystérieux, à la couverture à la fois sobre et solaire, puis j’ai lu pas mal d’articles de blogs en faisant l’éloge (il sort en poche début juin).
Nous sommes à New-York, années 80,début de l’épidémie de Sida. June, l’héroïne, a 14 ans et entretient une relation privilégiée avec son oncle Finn. Ce dernier, peintre renommé, termine un tableau de June et de sa soeur aînée Greta, peinture mystérieuse et fascinante. Finn est atteint du Sida et meurt au début du roman. June va devoir faire son deuil, alors même que cette maladie, encore méconnue, fait peur à son entourage, et que Toby, l'”ami particulier” de Finn, cherche à la rencontrer.
Chronique adolescente, histoire de deuil, des relations familiales, et roman d’apprentissage, ce livre est un peu tout à la fois. June et Toby vont devenir amis, cacher leur relation à cause de la peur, peur du Sida, peur du qu’en dira-t-on. Greta, la soeur de June, est fascinante, elle marche sans cesse sur le fil, au bord de l’abîme, et à chaque page on craint de la voir tomber.
June est merveilleuse. Ado hors du temps, elle déambule dans la forêt en faisant semblant d’être au Moyen-Age, porte des bottes médiévales, et était quand même un petit peu amoureuse de son oncle. Les parents, comptables, sont absents et à côté de la plaque, à cause de “la saison des impôts”, et du boulot qu’ils ont jusqu’au dessus de la tête. Finn est une ombre, absente, mais qui plane au-dessus de toute l’histoire, fascinante. Toby, enfin,  est terriblement touchant.

 

Il y a un je ne-sais-quoi de magique dans ce roman, ça fait longtemps que je ne m’étais plus sentie si happée par une histoire, si passionnée, si touchée par des personnages.
J’ai regretté, terriblement, de voir venir la fin, parce que je quittais June, et Toby, et Greta.
J’aurais voulu que le bouquin fasse mille pages.
Cette lecture fut un énorme coup de coeur et inattendu. Je l’avais emprunté à la bibliothèque, mais je vais foncer l’acheter en poche, début juin, quand il sortira.
Lisez-le, c’est une pépite, un grand grand grand (premier) roman !
En bonus, je vous mets la couv’ du poche à venir, et celle en anglais, sublime, juste pour le plaisir des yeux !

 

 

“Dites aux loups que je suis chez moi”, Carol Rifka Brunt, Buchet et Chastel, 2015

“Anastasia”, de Lois Lowry

Or donc, je commence à lire, en plus des albums pour enfants, de la littérature pour ados. Et bien voilà que je mets à lire des romans pour les pré (pré) ados 😉
Je me retrouve ces temps-ci à farfouiller du côté de la collection pour ados de l’Ecole des loisirs, que je trouve très attirante (j’ai même ressorti mes vieux Judy Blume). Et, là, j’ai farfouillé un cran plus loin, dans la collection “Neuf” (ce qui revient à dire que j’ai lu un roman destiné aux 10 ans – hum.).
En déambulant à la foire du livre de Bruxelles, j’ai trouvé une petite pépite : trois volumes de la série Anastasia (l’éponyme + Anastasia, demande à ton psy ! + Une carrière de rêve pour Anastasia), réunis dans un seul recueil. Cela m’a rappelé mon enfance, quand j’empruntais des Judy Blume à la bibliothèque, et Anastasia me disait vaguement quelque chose …

 

La 4ème de couv’ qui m’a convaincue
J’ai donc emporté le livre et, de retour chez moi, je l’ai rangé dans ma PAL débordante en pensant “oh purée, qu’est-ce qui m’a pris d’acheter un bouquin pour les gamins ?”.
Et puis, je l’ai entamé … Et j’ai adoré ! J’ai adoré Anastasia, ses parents, l’humour, les situations à la fois tendres et rocambolesques, ses listes de choses aimées et détestées, l’écriture de l’auteur, bref, j’ai passé un super moment de lecture.
Anastasia est intelligente, drôle, vive, a de la répartie, et elle va être confrontée à l’arrivée d’un petit frère, va consulter un buste de Freud en guise de psy, et faire un stage de mannequinat pour la préparer à la carrière de rêve de libraire (mais si).
500 pages d’une très chouette lecture, une petite pépite tendre, au goût de madeleine de Proust pour moi.
A mettre entre toutes les petites mains (et puis les grandes de 32 ans, ça marche aussi).

 

“Anastasia”, Lois Lowry, L’école des loisirs, 2014 (recueil de 3 volumes) 

“Et devant moi le monde”, Joyce Maynard

Depuis le temps que je voulais lire ce livre … Et c’est chose faite, grâce à une amie qui me l’a offert (coucou Anaïs !). J’ai lu quelques romans de Joyce Maynard (“Les filles de l’ouragan”, “L’homme de la montagne”), et j’avais entendu beaucoup de bien de ce titre, qui est son autobiographie.

C’est un gros pavé de 500 pages, qui commence par l’enfance de Maynard, et explore sa vie d’ado, d’adulte, de femme et d’écrivain, ainsi que sa relation avec Salinger à l’âge de 18 ans.
J’ai beaucoup apprécié la plume de Joyce Maynard, et j’ai trouvé ce livre fascinant. Elle nous parle d’abord de son enfance, de ses parents intellectuels, qui la poussent, presque qui “l’élèvent” comme un futur écrivain, de l’alcoolisme de son père, du tempérament excentrique de sa mère, et de son sentiment d’être en-dehors du coup, différente des jeunes de son âge, et ce même à l’université. A l’âge où ses copines s’amusent et sortent, la jeune Joyce envoie ses nouvelles aux magazines, appuyée par ses parents qui corrigent son travail. Elle ne sort pas le soir, ne s’intéresse pas aux garçons.
Elle écrit pourtant un article sur la jeunesse de sa génération (elle qui est finalement si différente) au New York Times Magazine à 18 ans, article qui aura un retentissement important, qui lui amène des contrats avec des éditeurs, ainsi qu’une tonne de courrier, et parmis ces lettres se trouve celle d’un certain J.D. Salinger, qui lui dit toute son admiration.
La jeune fille commence alors une correspondance suivie avec l’écrivain célèbre, puis le rencontre et emménage chez lui. La description de leur relation est fascinante : Salinger va vraiment modeler cette jeune fille timide et naïve, lui imposer son régime alimentaire (ce qui lui vaudra de l’anorexie), sa vision de la vie et surtout de ce que doit être un écrivain, ainsi que sa solitude, Salinger s’étant retiré du monde.
Puis, du jour au lendemain, Salinger congédie Joyce, froidement, et celle-ci va devoir se reconstruire. Elle y arrivera, aura un mari, des enfants, mais restera toute sa vie hantée par le souvenir de cette année vécue dans l’ombre de cet écrivain étrange, qui l’a façonnée comme une poupée.
J’ai littéralement dévoré ce livre en quelques jours, fascinée. Plusieurs passages à la fin du livre m’ont marquée, ce sont ceux sur la maternité, que je trouve très intelligents :

 

 

 

Je n’ai rien lu de Salinger (pas même “L’attrape coeur” !), mais le portrait fait ici de ce grand écrivain n’est guère flatteur : froid, distant, psychorigide, cynique, asocial, manipulateur, il n’a pas grand chose pour séduire, que sa plume et son aura … La façon dont il se débarrasse de Joyce Maynard, du jour au lendemain, comme d’un mouchoir usagé, est ignoble, ainsi que sa façon de la traiter des années plus tard, quand elle vient le voir pour la dernière fois, pour tenter de comprendre et d’exorciser cette relation de destruction.

Ce livre est aussi un formidable récit de vie, celle d’une jeune femme exceptionnelle, mais qui a été toute sa vie façonnée par les autres. Ses parents, très tôt, en ont fait un écrivain, délibérément, par ambition, puis Salinger l’a initiée à sa discipline de vie.

Son récit de l’époque, de ses amitiés, de ses amours, sa vision de la maternité, de l’écriture, tout est passionnant.

 

Vous l’aurez compris, ce livre est coup de coeur, qui m’a tenue en haleine de bout en bout, et qui m’a donné envie de découvrir l’oeuvre de Joyce Maynard (pas tellement celle de Salinger, tiens, tiens …).


“Et devant moi le monde”, Joyce Maynard, 10/18

“Tous nos jours parfaits”, ma déception

Chers amis lecteurs, une petite révolution est en marche : je me mets à la littérature pour ados.

Attention, pas la YA (Young Adult), genre qui ne m’attire absolument pas (trop sombre, trop cliché, trop fantasy, pardon pour ceux qui aiment !).

Mais tout de même, quelque chose se passe : j’ai aimé “Les fiancés de l’hiver”, j’ai ressorti mes vieux Judy Blume adorés, je traîne dans le rayon ado de ma librairie en me disant, comme une vieille, “purée, de mon temps, j’avais pas un choix de bouquins superbes comme ça”.

Alléchée par les critiques dithyrambiques des autres blogueurs et, je l’avoue, par la couverture toute JOLIE de “Tous nos jours parfaits”, j’ai craqué et je l’ai embarqué …

Et bien, j’aurais dû le commander pour les ados de la bibliothèque où je bosse, et le leur chiper.

Parce que je n’ai pas accroché …

Le pitch : Violet et Finch, deux terminales, l’une populaire et l’autre mauvais élève, se rencontrent sur le toit du lycée, où ils sont tous les deux montés pour, à priori, en sauter. Qui sauve l’autre, finalement ? Pour les autres, c’est Violet l’héroïne, qui a empêché Finch, ce “fêlé” de commettre l’irréparable … Sauf que Violet n’arrive pas à se remettre de la mort accidentelle de sa soeur, et n’a plus goût à la vie. Les deux ados vont devenir amis, et bientôt vivre une histoire d’amour. Mais le désespoir n’a pas quitté Finch …

L’histoire a tout pour accrocher, et le roman utilise ce procédé que j’aime bien, de faire entendre les voix des héros en alternant les chapitres.

C’est une critique un peu floue, je vous préviens. Je n’ai pas vraiment aimé, je n’ai pas réussi à m’intéresser à l’histoire, et les personnages ne m’ont pas touchée. Violet est intéressante, mais Finch est une bonne tête à claque. Impossible de le suivre, il est trop changeant.

L’auteur a voulu alerter sur des thèmes graves – le suicide et la bipolarité- , et c’est louable et important d’en parler, mais je n’ai pas été touchée, et je n’ai pas compris les critiques lues qui parlent de “torrents de larmes et d’émotion” et du “meilleur roman d’amour de ma vie”.

Je suis vraiment restée en surface, regardant de loin ce qui arrivait aux héros. j’ai trouvé ça long et laborieux, je me suis perdue à tenter de comprendre Finch, j’ai levé les yeux au ciel, j’ai expédié la fin.

Bref, une déception !

Je suis peut-être trop vieille, à 32 ans, pour apprécier un roman pour ados, finalement ?

Ou j’ai mal pioché ?

Je demande des avis … je vois pas mal de blogueurs de mon âge qui lisent de la littérature pour ados : est-ce que ça vous plaît autant qu’un roman pour adultes ?

Je vais tout de même récidiver bientôt : je vais recevoir le deuxième tome des “Fiancés de l’hiver” et j’ai craqué pour ce roman, qui m’a l’air superbe :

“Tous nos jours parfaits”, Jennifer Niven, Gallimard Jeunesse, 2015

Les douze tribus d’Hattie, Anyana Mathis

Premier roman qui a “bouleversé l’Amérique”, voici l’histoire d’Hattie, qui commence en 1925 pour se terminer en 1980, histoire qu’on découvre à travers les voix de ses enfants.

Hattie a eu douze enfants (douze !!!), et chacun d’entre eux fait entendre sa voix, via un chapitre, marqué par une année. On découvre ainsi, par leurs vies, celle de leur mère, Hattie, à plusieurs époques, ses choix difficiles, son mariage plein de contradictions avec August, le Sud de la ségrégation sociale d’où elle est issue, ses dilemmes, ses amours.

Je n’ai pas été emportée comme je l’avais espéré par ce roman, je lui ai trouvé quelques longueurs, et, forcément, certaines voix, certains enfants, certains chapitres m’ont touchée plus que d’autres.

C’est néanmoins un bon livre, qui balaie l’histoire américaine du XXème siècle, et le personnage de Hattie est très intéressant, de par ses contradictions, notamment. Une fresque ambitieuse et maîtrisée, dont les chapitres sont peut-être un peu trop inégaux, à mon sens.

Le chapitre qui m’a le plus plu est le tout premier, où la toute jeune Hattie se bat pour sauver la vie de ses jumeaux, atteints d’une pneumonie. Ce chapitre est déchirant et m’a laissée sans voix. Les autres m’ont donc un peu déçue, même si ce fut une lecture plaisante au final, mais sans ce petit quelque chose qui en aurait fait un coup de coeur …

Le premier chapitre

“Les douze tributs d’Hattie”, Ayana Mathis, éd. Gallmeister, 2015

Intérieur nuit, Marisha Pessl

Après “La physique des catastrophes”, que j’avais adoré, j’attendais impatiemment le deuxième roman de Marisha Pessl. Je me suis donc jetée sur cet ovni de 700 pages, à l’atmosphère sombre et angoissante, parsemé de pages noires et de photos bizarres.

Le pitch : le journaliste Scott McGrath enquête sur la mort d’une jeune femme, Ashley Cordova, apparemment suicidée. Elle était la fille prodige du grand réalisateur de films d’horreur Stanislas Cordova, qui vit reclus après une carrière de films d’épouvante proprement épouvantables, dans sa demeure gigantesque et mystérieuse. Sa vie est un roman noir, peuplé d’épouse morte, de rituels un brin sataniques, de rumeurs folles sur sa légende. Ashley, pianiste, enfant douée, belle et mystérieuse, s’est-elle suicidée ou a-t-elle été assassinée ?
Scott, aidé par la jeune Nora et Hopper, amoureux transi d’Ashley, va donc enquêter sur les Cordova. D’un hôpital psychiatrique à la boutique vaudou d’une magicienne, en passant par l’appartement-tombe d’une  vieille actrice droguée, l’enquête les mènera jusqu’au domaine de Cordova, étrange baraque abandonnée truffée de décors de films d’horreurs, où Scott se perdra dans un chapitre labyrinthique à filer des cauchemars.
Ashley était-elle un ange ou un démon ? une victime de sa famille pour le moins perturbée, ou était-elle possédée elle aussi par le mal ?
Le roman, diablement prenant, est parsemé de feuilles noires, de fausses pages webs, de mails, d’articles de journaux, de rapports de police et de photos étranges et glauques, ce qui, loin d’être accessoire, déroute le lecteur et le fait se sentir au plus près de l’enquête.

 

 

C’est un roman vraiment noir, et qui fait vrai. On est plongé dans l’histoire, on croit réellement à l’existence de Cordova, personnage monstrueux et invisible, qui prend ici toute la place.
C’est tout un monde étrange et angoissant que l’auteur parvient à imposer, et le roman est très difficile à lâcher.
Une grande réussite !!!

 

 

“Miniaturiste”, Jessie Burton

 

Premier roman d’une jeune auteur britannique, “Miniaturiste” fait beaucoup parler de lui, un peu partout, bénéficie d’un bouche à oreille efficace et … déjà d’une adaptation au cinéma prévue.
J’ai plongé dedans avec délices et n’en suis ressortie (pratiquement) qu’une fois les 500 pages dévorées, maudissant ceux et celles (ma famille quoi) qui m’arrachaient à ma lecture ou l’heure qui tournait (et mon lit, qui m’appelait).

Amsterdam, 1686. La jeune Nella Oortman quitte sa campagne pour épouser un riche marchand inconnu de 20 ans son aîné, Johannes Brandt. Arrivée dans sa nouvelle demeure, Nella se heurte à l’indifférence de son mari, sans cesse absent, et à la froideur de la soeur de ce dernier, Marin, vieille fille austère qui tient la maison d’une main de fer. Nella, isolée, s’ennuie et son mari lui offre une curieuse maison de poupée, un “cabinet” qui représente leur propre maison, dont il espère qu’elle servira de distraction à sa jeune épouse.
Nella fait appel à un mystérieux miniaturiste pour meubler sa maison d’objets et bientôt de poupées à l’effigie des habitants de sa demeure. Mais l’orfèvre, qui dépose ses paquets devant sa porte sans se montrer, inquiète bientôt la jeune femme : les miniatures, troublantes, révèlent les secrets de la maison, sont de curieux présages aux drames qui se jouent, jusqu’à donner à Nella le sentiment étouffant que le miniaturiste l’épie, et, par ses créations, dirige sa vie. Au fur et à mesure que la maison de poupée se remplit, des drames surviennent, et de dangereux secrets sont dévoilés.

A la limite du conte fantastique, ce roman historique se révèle un petit chef d’oeuvre, tant au niveau de l’intrigue, passionnante, que des personnages et de l’écriture, remarquables.

Jessie Burton, dont c’est ici la première oeuvre, s’est inspirée d’une maison de poupées du 17° siècle, vue au Rijksmuseum d’Amsterdam, appartenant à la véritable Petronella Oortman, dont on ne sait rien. Fascinée par cette maison miniature, qui a coûté à sa propriétaire plus cher qu’une véritable maison, l’auteur réussit un fabuleux roman, passionnant, mais surtout un très beau personnage de femme. Nella, féministe avant l’heure, indépendante, mais qui pourtant ne demande qu’à aimer ce mari qu’on lui impose, est un grand personnage. Amsterdam en est un autre, avec son atmosphère empreinte à la fois de grandes fêtes, d’opulence et de richesse (c’était la cité la plus puissante du 17° siècle en Europe, grâce au commerce), et néanmoins pétrie de religion, de peurs, de rigueur morale.

Le personnage de Marin, la belle-soeur austère et froide, est également magnifique. Au fur et à mesure de l’histoire, elle se dévoile et nous émeut.

La véritable maison de poupées de Petronella Oortman
Au final, trois ou quatre soirs de lecture, parfois jusqu’à fort tard, le nez dans le livre, l’envie qu’il ne finisse jamais, et celle de le reprendre au début quand je l’ai reposé à regret….

Un grand roman, qui sera bientôt adapté au cinéma,  à conseiller à tous ceux qui aiment les intrigues, les rebondissements, les grands personnages, les mystères et les brumes d’Amsterdam.

La toute belle littérature … et la jolie tristesse de terminer un très bon livre … On se sent presque orphelin …

 

“Miniaturiste”, Jessie Burton, Gallimard, 2015