Catégorie : Littérature anglaise

Notre part de cruauté, d’Araminta Hall : passez votre chemin

j’ai trouvé ça tellement raté que j’ai eu la flemme de faire une jolie photo.

Voilà bien le type-même du roman « aussitôt lu, aussitôt oublié ». De la vulgaire consommation d’histoire pour passer le temps (et encore, je pense qu’un téléfilm de l’après-midi fait mieux son boulot).

Étiqueté « thriller psychologique », le genre très à la mode et qui se vend bien, ce roman m’a semblé tout simplement affligeant. Quelle déception, après les promesses de la quatrième de couverture, et les commentaires plus qu’élogieux de Gillian Flynn (qui, elle, SAIT nous écrire un excellent thriller psychologique). D’ailleurs, c’est décidé, plus JAMAIS je ne fais confiance à un bandeau ou une critique élogieuse, me promettant monts et merveilles. En fait, plus l’éloge est grande, plus je risque d’être déçue. Pas sûre que cette stratégie de marketing paye, une fois le pauvre lecteur roulé dans la farine … On ne l’y reprendra plus deux fois.

Ici donc, c’est l’histoire d’un couple, celui de Mike et de Verity (oui, oui c’est un prénom), passionnel, fusionnel, qui ont la particularité d’avoir un Jeu, pour pimenter leurs ébats : Verity flirte dans un quelconque bar obscur, jusqu’à ce que ça aille trop loin et, sur un signe, Mike intervient en mode « mais comment osez-vous parler à ma fiancée ? », jeu suivi d’ébats passionnés. Soit, ce n’est, finalement, qu’un détail. Car le couple a explosé, et nous suivons uniquement le point de vue de Mike, complètement timbré, disons-le tout de suite, qui se comporte comme si Verity – sur le point tout de même d’en épouser un autre- ne faisait que continuer à Jouer. Persuadé que V. (oui, elle a son petit nom) n’attend qu’un geste de son sauveur, Mike la suit, l’épie, s’incruste à son mariage, et finit (évidement) par commettre l’irréparable (alors ça, mais quelle SURPRISE). Deuxième partie : le procès. On pense en apprendre plus, s’être peut-être fait manipuler (on est dans un thriller psycho oui ou non, quoi?!), on attend le twist, le frisson, bref, la raison d’être du roman. Mais non. Mike est vraiment taré, et voilà.

Dans une postface hilarante de sérieux, l’auteure nous explique la Dimension de son Ouvrage : c’est un roman féministe, voyons ! C’est contre Trump ! Elle a voulu dénoncer le harcèlement (ah ? Elle n’a rien dénoncé, elle a juste décrit l’attitude d’un psychopathe pour finir par punir aussi sa pauvre héroïne).

Je crois l’avoir refermé et tapé sur la table en disant « Non mais, je rêve ! Tout ça pour ça ! ». Bref, j’avoue que parfois, je ne comprends pas les choix des autres jurées.

“Notre part de cruauté, Our kind of cruelty, Araminta Hall, Préludes, 2019, 443 pages

L’amour comme par hasard, Eva Rice

Après ma flopée de déceptions, j’avais besoin d’une lecture-doudou … J’ai donc sorti de ma pal “L”amour comme par hasard”, qui malgré son titre à la Danielle Steel, me semblait prometteur. Banco ! Je l’ai dévoré comme un bonbon acidulé, ce fut une lecture rafraîchissante, confortable, pétillante, bref, un petit bonheur.

Dans l’Angleterre des années 50, la jeune Pénélope rencontre Charlotte, une fille fantasque, qui va l’entraîner dans son monde de soirées mondaines, et la sortir de sa coquille. Elles sont toutes deux folles de Johnnie Ray (ça ne vous dit rien ? moi non plus mais c’était THE chanteur pour midinettes), tandis que le frère de Pénélope ne jure que par cet américain qui débarque dans le paysage du rock, Elvis Presley. La mère de Pénélope est une jeune veuve d’à peine 35 ans, belle comme une star de cinéma, et ils vivent dans un manoir à la Manderley, datant du moyen-âge, hanté et froid comme la mort. Charlotte va apporter toute sa joie de vivre et son côté excentrique à cette vie un peu terne, et Pénélope va se lancer dans une sorte de marivaudage façon années 50, entre rock and roll et thés à l’anglaise.

Les garçons ne valent pas tous les soucis qu’ils nous causent, pensai-je.

Il était bien plus sage de se contenter de lire des romans, dans lesquels ont voit le héros arriver à des kilomètres.

Quelle lecture divertissante ! Je ne trouve pas d’autre mot, et n’y voyez rien de péjoratif. Je me suis installée dans cette histoire comme dans un canapé confortable au coin du feu, ravie de retrouver la pétillante Charlotte, la timide Pénélope, la tante rigolote, la mère façon Adjani, et les beaux jeunes hommes de cette histoire. Je me suis régalée du début à la fin, et si ce ne fut certes pas le roman profond de l’année, c’était tout ce qu’il me fallait pour me remettre en selle après ma série de déceptions.

Je vous le conseille entre deux bouquins déprimants, vous ne résisterez pas à ce bonbon so english.

Dommage pour le titre et la couverture, trop chick lit, ce roman mérite bien mieux !

“L’amour comme par hasard” The lost art of keeping secrets, Eva Rice, Le livre de Poche, 2007, 530 pages

L’invitation à la vie conjugale, Angela Huth

Ce roman est très anglais. Au moment d’écrire ce billet, essayant de rassembler mes idées sur ce livre que j’ai lu avec plaisir mais sans que ce soit un coup de coeur ni même une lecture marquante, c’est la première phrase qui me vient … Anglais, cynique, désabusé, grinçant, très bien écrit, et, en ce qui concerne son sujet principal (le mariage), totalement déprimant. Je vous donne envie, hein ? !

Sous la forme d’un roman choral, Angela Huth nous présente quatre couples et un célibataire. Il y a Rachel et Thomas : ce dernier enchaîne les liaisons, tandis que Rachel se réfugie dans le sommeil, sous forme de siestes qui durent toute la journée, pour oublier sa vie monotone et inutile (Yeah!). Il y a Mary et Bill, le couple âgé (le seul qui m’a ennuyée …) : Mary vit dans l’angoisse de mourir avant son mari et cela lui gâche la vie. Frances et Toby donnent un grand bal, auquel ils convient leurs amis, mais ce bal n’a d’autre but que d’occuper Frances, délaissée par Toby, qui ne pense qu’à ses ordinateurs … Il y a Martin et Ursula, peut-être le seul couple heureux du livre. Et enfin Ralph, ancien amant de Frances, éperdument amoureux d’Ursula.

Tout ce petit monde va se croiser et se retrouver pour le grand bal, où “les masques tombent, les sentiments se bousculent, s’enflamment”.

Angela Huth décortique la vie de ces couples, d’un oeil acerbe, et parvient à nous les rendre attachants, alors même qu’ils sont pour la plupart antipathiques. J’ai suivi ces personnages dans leur vie de tous les jours sans m’ennuyer une seconde, cornant ici et là quelques extraits bien sentis sur le mariage …

-La moitié des divorces sont dus au fait qu’on ne dit pas aux gens comment ils doivent se comporter quand la passion a disparu. Peut-être devrions-nous faire quelques allusions en ce sens à Ursula et Martin.

– Ils sont parfaitement heureux.

– Qui sait ? Qui sait quoi que ce soit du mariage des autres ?

Ce qui m’a frappée dans ce roman, c’est que les couples ne sont pas heureux, sans même parler d’être amoureux. Mal assortis, ils vivent côte à côte, mais pas ensemble. Ils ne partagent ni leurs pensées intimes, ni leurs envies, ni leurs rêves. Les femmes meurent d’ennui et cherchent à se distraire, par les mondanités ou dans une fuite de la réalité (les siestes de Rachel). Les hommes, quand ils ne sont pas infidèles, préfèrent la compagnie de leurs ordinateurs ou même de la nature (Toby est plus excité à l’idée d’observer les blaireaux à la nuit tombée que de coucher avec sa femme), à celle de leur épouse. Les relations sont tristes, et les personnages sont désespérément seuls au sein même de leur couple. Le seul couple heureux, celui d’Ursula et Martin, est celui où la solitude n’est pas déprimante, comme dans cet extrait :

Quel silence ! (…). La vie de famille lui avait révélé les charmes de la solitude. De petits espaces innocents mais privés sont essentiels à la santé mentale des couples mariés, avait-elle très vite découvert, et elle s’arrangerait pour que ces parties de sa vie soient tout aussi prioritaires que ses devoirs envers Martin et les enfants.

Un roman plaisant, sans être une grande lecture, que j’ai lu sans ennui, mais dont la fin m’a laissée un peu dubitative, un peu “so what ?” …

L’invitation à la vie conjugale”, Invitation to the married life, Angela Huth, Folio, 2000, 440 pages

Transcription, Kate Atkinson

Un nouveau roman de Kate Atkinson, c’est comme Nöel pour moi, je guette la traduction en français pendant des mois et quand elle est annoncée je trépigne comme une gamine. Puis, je fonce l’acheter le jour de sa sortie et je le savoure. Enfin, d’habitude … car ici, “Transcription” est une grosse déception.

1940, Juliette, une jeune femme, est engagée pour transcrire les conversations d’un groupe de sympathisants au nazisme. Excitée par son rôle d’espionne, Juliette déchante vite devant l’ennui des dialogues entendus à retranscrire (et nous aussi).  A la fin de la guerre, devenue productrice à la BBC, Juliette est confrontée à ses agissements et ses décisions. (suite…)

Présumée disparue, Susie Steiner

Edith Hind, une jeune étudiante de Cambridge, disparaît de chez elle un soir, en laissant ses clés, son sac et des traces de sang dans l’entrée de chez elle. Pour l’inspectrice Manon Bradshaw, ça ressemble fort à un cas de “disparition inquiétante”. Accompagnée de ses collègues, Manon va tout faire pour retrouver la jeune fille, qui se trouve être la fille du médecin de la famille royale, bonjour la pression. A mesure que son enquête avance entre deux rendez-vous Internet foireux, Manon découvre qu’Edith n’est pas si lisse qu’elle en a l’air … (suite…)

L’indésirable, Sarah Waters

 

“L’indésirable” m’a eue à retardement. J’ai lu tous les premiers romans de Sarah Waters, et acheté celui-ci à sa sortie, en 2010, mais je l’ai mystérieusement abandonné en cours de lecture et revendu. Il faut dire qu’il diffère des autres écrits de Waters, de par le narrateur masculin (elle est coutumière des romans lesbiens), et par le style, assez lent.

Puis, je suis tombée sur la bande-annonce du film tiré du roman, avec deux actrices que j’aime beaucoup – Charlotte Rampling et Ruth Wilson – qui m’a fait donner une deuxième chance au livre. (suite…)

Freddie Friday, Eva Rice

 

Angleterre, 1969. Marnie, 16 ans, est un petit génie des maths. Dans son école privée, elle excelle et se destine à de hautes études dans cette branche, soutenue par Miss Crewe, sa prof. Jusqu’à un soir de beuverie où, avec son amie Rachel, elles se font renvoyer de l’école. Un drame en découlera, qui fera voler en éclat la vie de Rachel, et entraînera Marnie dans l’alcool. Désormais, Marnie ne pense plus qu’à revoir Freddie Friday, un jeune homme qui travaille à l’usine, danseur prodige, pour qui elle a eu le coup de foudre. Avec l’aide de Miss Crewe, ancienne danseuse, elle va tout faire pour que Freddie réalise son rêve de danse.

Quel régal de lecture que ce livre ! Acheté sur un coup de tête, j’ai retrouvé avec hâte les personnages tous les soirs. Les chapitres alternent les points de vue de Marnie et de Miss Crewe et nous entraînent à la fois dans une chronique d’adolescente et de femme déçue par la vie, pleine de regrets, pour qui le contact avec ces jeunes va redonner l’espoir et la passion de la danse. (suite…)

La nouvelle vie de Kate Reddy, Allison Pearson

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Quand j’ai appris la sortie de ce roman, la suite des aventures de la désopilante Kate Reddy, j’ai bondi de joie. J’avais a-d-o-r-é “Je ne sais pas comment elle fait”, où Kate se débattait déjà avec la  maternité : prise entre une carrière exigeante et le gang des Mères Parfaites de l’école, notamment avec cette scène où elle se retrouve à marteler des tartelettes industrielles, à 3 H du matin, pour qu’elles aient l’air faites maison.

Avant les femmes avaient le temps de faire des tartelettes et étaient obligées de simuler leurs orgasmes. Aujourd’hui, nous réussissons les orgasmes mais nous sommes obligées de simuler les tartelettes.

Ce nouveau roman aborde un thème finalement très peu vu en littérature : celui de la ménopause. Kate a bientôt 50 ans, des ados qui ne lui adressent plus la parole, un mari qui “fait un break” dans son job pour un trip yoga-pleine conscience, un boulot à retrouver et une liste de symptômes désagréables longue comme le bras. Là-dessus, le beau Jack, qu’elle s’était efforcée d’oublier, réapparaît …

(suite…)

Mrs Creasy a disparu, Joanna Cannon

Voilà un roman comme je les aime : un mystère(eke), une écriture mordante, plein d’humour, et des personnages sa-vou-reux.

Mrs Creasy a disparu un beau matin, et c’est toute l’Avenue qui en est sans dessus dessous. Chaque voisin a son mot à dire : enlèvement, meurtre, fuite, dispute conjugale. Ça cancane à tout va. Au milieu, deux petites filles de dix ans : Grace, notre narratrice, et son amie Tilly, qui décident de mener l’enquête, et au passage, tiens pourquoi pas, de trouver Dieu en même temps que Mrs Creasy. Mais chaque habitant de l’Avenue a des choses à cacher … (suite…)

La vie rêvée de Virginia Fly, Angela Huth

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Virginia, une jeune femme au prénom prédestiné, a 31 ans, est enseignante et vit chez ses parents, en Angleterre. Signe particulier : toujours vierge, mais pétrie de fantasmes où un “homme à la moustache noire” abuse d’elle. Terne et grise, Virginia vit sa petite vie monotone, entre ses cours, ses parents, son correspondant américain et “le professeur” qui l’emmène au concert de temps en temps, jusqu’au jour où elle accepte une interview télévisée pour parler de sa virginité (!).

Repéré sur quelques blogs, ce roman me faisait de l’oeil, et j’ai eu la chance de le trouver d’occasion. Ayant un excellent souvenir de ma lecture du même auteur “Mentir n’est pas trahir”, je me suis plongée dans la vie de Virginia, tout d’abord avec délices, avant de déchanter. (suite…)