Catégorie : Littérature d’ailleurs

Pique-nique à Hanging Rock, Joan Lindsay

14 février 1900, Australie, au pensionnat de jeunes filles de Mrs Appleyard, un pique-nique à la falaise de Hanging Rock est organisé, dans l’effervescence générale. Accompagnées de quelques professeures, les demoiselles partent donc et trois d’entres elles obtiennent l’autorisation de s’éloigner pour une promenade avec leur enseignante de mathématiques, tandis que les autres se reposent à l’ombre. Elles ne reviendront jamais. Que s’est-il passé, à Hanging Rock ? (suite…)

Magnifica, Maria RosariaValentini

Je rentre de vacances (la Vendée, magnifique, où j’ai pu respirer, échapper à la canicule) et, pour la reprise du blog (15 jours sans wi-fi, c’est là qu’on mesure notre addiction !), je vous présente un superbe roman italien, à la couverture juste somptueuse, que j’ai eu la chance de lire en avant-première …

Années 50, dans un petit bourg d’Italie. La jeune Ada Maria se retrouve, à la mort de sa mère, à la tête de la maison. Elle prend soin de son petit frère et de son père, taxidermiste, qui passe son temps chez sa maîtresse, Teresina.

Un jour, dans la forêt, Ada Maria rencontre un homme, un allemand. A peine vêtu, barbu et sale, il vit dans une grotte et semble se cacher du monde. Ada Maria lui apporte nourriture et vêtements, et au fil des jours, un amour naît entre les deux jeunes gens, et bientôt un bébé s’annonce  …  (suite…)

Un peu, beaucoup, à la folie – Liane Moriarty


“Trois couples épanouis. De charmants enfants. Une amitié solide. Et un barbecue entre voisins par un beau dimanche ensoleillé : tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment. Alors, pourquoi, deux mois plus tard, les invités ne cessent-ils de se répéter : « si seulement nous n’y étions pas allés » ?”

Ayant adoré et dévoré les deux romans précédents de Liane Moriarty, je me suis jetée sur son dernier-né avec enthousiasme et la quasi certitude de passer un excellent moment de lecture “détente”.
Et ce fut le cas, même si j’ai quelques réserves que je n’avais pas pour les premiers titres de l’auteur …

Agacement n°1 : ok, la construction est exactement la même que pour ses autres romans. Chaque personnage a droit à son chapitre, en alternance, pour nous raconter ce fameux barbecue, au ralenti …

Agacement n°2 : c’est leeeeeent ! Mais où veut-elle en venir ? Que s’est-il passé de si terrible ? Pourquoi ne le sait-on toujours pas à la moitié du livre ??? Accouuuuuuuuche (on se calme).


Agacement n°3
: cette manie de finir un chapitre sur la sensation qu’on va enfin savoir …. mais non, il faudra (peut-être) attendre le prochain.

J’ai l’air de beaucoup râler, mais une fois arrivée donc à la moitié de l’intrigue, l’histoire a pu avancer un peu, et s’est révélée passionnante. Les personnages, bien qu’assez caricaturaux, gagnent en épaisseur selon leurs réactions face au fameux incident, et le lecteur peut un peu plus s’y attacher.

J’ai fini par dévorer le livre, enfin soulagée de mes agacements, avec le plaisir den bon roman pour se vider la tête, mais en étant tout de même contente de ne pas avoir déboursé 22.90 € pour l’acheter (vive le métier de bibliothécaire !).

Je le conseille donc comme lecture de vacances, c’est distrayant et bien ficelé, mais à choisir, préférez nettement “Le secret du mari” ou “Petits secrets , grands mensonges”, où je me suis régalée du début à la fin, sans agacement aucun (et ils sont en poche, que demande le peuple ?).

“Un peu, beaucoup, à la folie” (Truly, madly, guilty), Liane Moriarty, Albin Michel, 519 p.

 

La fille secrète, Shilpi Somaya Gowda

 

Inde, 1984. Kavita accouche seule de sa deuxième petite fille. La première a été tuée à la naissance par son mari, furieux de ne pas avoir le fils espéré. Cette fois, Kavita marche une journée entière jusqu’à l’orphelinat de Bombay, afin de sauver sa fille “secrète”, Usha.

Etats-Unis, 1984. Somer, brillant médecin, mariée à Krishnan, se désespère de ses fausses couches à répétition. Son mari, indien, lui propose d’adopter un enfant de son pays : ce sera la petite Usha, rebaptisée Asha.

Tout au long du roman, nous suivons tour à tour Kavita, Somer, leurs maris, mais aussi Asha, qui, à l’âge adulte, brûle de partir en Inde sur la trace de ses origines.

J’ai adoré ce roman, déniché par hasard. Les chapitres sont assez courts et l’histoire fascinante. J’ai eu énormément d’empathie pour Kavita, au début du livre, ainsi que pour Somer qui ne parvient pas à tomber enceinte.

La description de l’Inde est à la fois fabuleuse et déprimante, à l’image des contrastes de ce pays : l’auteur ne nous épargne pas la misère des bidonvilles, les maladies, la pauvreté, les enfants qui mendient, les femmes brûlées vives, l’insécurité. Mais elle nous dépeint également la famille, immense, et la cuisine épicée, les paysages, les temples, tout ce qui fait la beauté indienne.

Au début du roman, j’étais proche du coup de coeur, mais sur la fin, j’ai trouvé quelques longueurs à l’histoire et, sans vous dévoiler l’intrigue, quelque chose que j’espérais tout au long du livre n’est jamais arrivé : quelle déception !

Ce fut néanmoins une superbe lecture, vivante, colorée, passionnante, de beaux destins de femmes, et une belle réflexion sur la maternité, l’adoption, les origines, et plus, largement, la famille, que ce soit celle du sang, ou une autre … Un auteur à découvrir !

“La fille secrète”, Shilpi Somaya Gowda, Folio, 2011

La noce d’Anna, Nathacha Appanah

 

 

J’ai découvert la plume de Nathacha Appanah tout à fait par hasard : au détour de mes déambulations sur la Toile, je suis tombée sur ses chroniques sur le site du journal La Croix, et j’en ai dévoré autant que me le permettait le site, touchée par les thèmes abordés et la poésie des textes. Jen ai retiré un passage, qui vient de la chronique “La cloche à souvenirs”, que je me suis empressée de recopier dans un de mes jolis carnets :

Où vont toutes ces choses qui semblent nous occuper tout entier, dont on est persuadé qu’elles vont déterminer le reste de nos jours et qui soudain, disparaissent ? Où vont ces émotions qui nous gonflent le cœur comme des ballons ? Que sont devenus ces lycéens rieurs à Bamako ?

Pourquoi inventons-nous des robots alors que nous devrions inventer des cloches à souvenirs, des attrape-émotions, des filets bien serrés pour maintenir ces petits détails de rien qui tressent une vie ? En attendant, je suppose, il nous reste les livres pour nous rappeler qui nous étions…

Ensuite, j’ai réalisé que dormait toujours au fin fond de ma Pal, un roman de Nathacha Appanah : “La noce d’Anna”, que j’ai dévoré en quelques trajets de train, éblouie à nouveau par la sensibilité et l’écriture.

C’est l’histoire de Sonia, qui marie sa fille unique, Anna, si différente d’elle, si sage, si prudente et posée, qui aime l’ordre, la rigueur et les chiffres, et qui s’apprête à lier sa vie à un huissier. Sonia, originaire de l’île Maurice, est tout son contraire : elle aime les mots, elle écrit des romans, fume,  rêve, n’est jamais à l’heure. Entraînée dans cette noce qui ne l’enchante pas, Sonia se remémore son seul amour,le père d’Anna, qu’elle a laissé partir, et réalise qu’elle “n’a rien vécu”. Au cours de cette journée, nous suivons les deux femmes, et les réflexions de Sonia sur la maternité, l’amour, le désir, l’écriture.

Ce roman m’a bouleversée, j’ai corné des pages pour retrouver des passages entiers qui m’ont touchée, et j’ai eu un énorme coup de coeur pour l’écriture de Nathacha Appanah, si sensible, poétique et profonde.

C’est un roman magnifique sur la transmission mère-fille, sur les relations complexes parents-enfants, sur l’amour aussi, le destin, les choix d’une vie. Sur l’écriture, les origines, la difficulté d’élever seule un enfant.

Un coup de coeur que je relirai ….

Et ce ne sera pas mon dernier roman de cet auteur …

“La noce d’Anna”, Nathacha Appanah, Folio, 2005, 178 p.

La fin de la solitude, Benedict Wells

Premier roman traduit en français de l’allemand Benedict Wells, c’est l’histoire de trois enfants, Liz, Marty et Jules, le narrateur, dont les vies seront marquées par l’accident de voiture de leurs parents, à l’aube de l’adolescence. Parachutés à l’internat, ils apprendront chacun à leur manière à survivre, à remettre leurs vies sur les rails, avec plus ou moins de bonheur : tandis que Liz se perd dans la drogue et les relations sans lendemain, que Marty plonge dans les études, Jules se cherche et s’accroche à la belle Alva, la seule qui semble le comprendre.

Leur relation sera un jeu de “je t’aime, moi non plus”, faite d’années passées à se perdre et se retrouver, sans dépasser le stade de l’amitié amoureuse, jusqu’à ce qu’Alva épouse l’écrivain préféré de Jules (!) et qu’ils se retrouvent enfin …

Difficile de résumer ce roman, qui suit les destins de trois jeunes fracassés par le deuil de leurs parents, et qui passent leurs vies à tenter de se reconstruire. Fuite, jeu du chat et de la souris, rencontres avortées, espérance de bonheur en couple, amitié amoureuse,  les vies de Jules, Liz et Marty se croisent et peinent à trouver une stabilité.

Le personnage d’Alva est magnifique, complexe et romantique à souhait, et j’ai adoré suivre Jules dans sa quête de bonheur. L’écriture de Benedict Wells a vraiment une voix, et j’ai plusieurs fois pensé au style de Kristine Bilkau (une autre allemande), dont j’avais adoré “Les bienheureux”.

Un roman passionnant et bien écrit, avec de très beaux personnages, à découvrir sans hésiter …

Et puis, remarque constructive s’il en est, l’auteur est vachement mimi, ce qui ne gâche rien (quoiqu’un peu fluet).

“La fin de la solitude”, Benedict Wells, Slatkine & Cie, 285 p., 2017

 

Les Bienheureux, Kristine Bilkau

La quatrième :

Il y a eu d’abord un léger tremblement.
Ce n’est rien se dit Isabell lorsqu’elle le remarque pour la première fois. En tout cas, pas de quoi s’alarmer. Après tout, ils formaient un couple heureux. Solide. Surtout depuis la naissance du petit Mathis.
Et pourtant, ce qui s’annonçait comme un signe d’insécurité passager menace soudain leur existence en profondeur. Incapable de récupérer le contrôle de sa main, Isabell perd son travail de violoncelliste.
Quant à Georg, à la place de la promotion tellement attendue, il se retrouve licencié.
Face à ce bouleversement, le couple commence à douter ; à se fissurer, à se déclasser.
La comparaison avec autrui, jadis si rassurante, provoque désormais le malaise : « Ce n’est plus pour vous ! » leur crient les enseignes bio et les cafés branchés. Devant l’effondrement de leurs repères et pris dans une lente descente sociale, Isabell et Georg perdent pied.
Jusqu’au jour où un nouvel événement chamboule leur vie devenue si fragile et les met face à la question ultime : comment réinventer son avenir quand tout semble perdu ?

                                                              …………………………..
Lu un peu par hasard, sur les conseils de mon amie Céline, alors que plein d’autres attendaient dans ma PAL en meilleure place, j’ai beaucoup, beaucoup aimé ce roman !
Il ne s’y passe pourtant pas grand-chose, ce n’est pas une histoire trépidante, mais je me suis attachée à ce couple, à cette famille, je me suis retrouvée dans les réflexions sur la maternité d’Isabell, et, surtout, je me suis laissée bercer par l’écriture de Kristine Bilkau, dont c’est le premier roman.
C’est une écriture fluide et douce, qui vous prend par la main, qui possède une petite voix magique, et qui m’a fait sentir, dès les premières lignes, que j’allais adorer ce livre. Il me rappelle un peu mon coup de coeur pour “Murmures dans un mégaphone”, c’est le même genre de roman où il ne se passe pas beaucoup de choses, mais où il règne une petite musique qui vous fait tourner les pages, encore et encore, et vous attacher aux personnages,  à ce couple heureux qui se retrouve soudain au bord de la rupture, par l’accumulation de non-dits (le tremblement d’Isabell) et de soucis financiers.
Roman de la crise financière aussi, qui nous fait voir comme il est facile de tout perdre, comme on peut très vite se retrouver sans ressources. Roman qui interroge aussi cette mode du “bobo bio”, qui devient presque une pression sociale : acheter ton bon panier de légumes bio de la ferme (bien cher) pour nourrir ton enfant au mieux, ou rêver d’un “retour à la terre”, d’un déménagement à la campagne, comme Georg qui traîne des heures devant des annonces immobilières impayables de fermes à retaper …
La fin est porteuse d’espoir néanmoins, et c’est ainsi que je comprends le titre : malgré les soucis et les coups durs, le noyau de la vie et du bonheur, c’est la famille … Ils sont ensemble, ils sont “bienheureux”, malgré tout.
Un premier roman sensible et délicat, doux et profond, à découvrir ! Soyez curieux !
“Les bienheureux”, Kristine Bilkau, Fleuve éditions, 2017

 

“Le nouveau nom”, Elena Ferrante

J’ai enfin lu ce deuxième tome de “L’amie prodigieuse”,  qui traînait dans ma PAL depuis des mois, encouragée par Céline, qui avait beaucoup apprécié cette suite.

Sous-titré “Jeunesse”, nous suivons Lila et Elena adolescentes et jeunes adultes, tout de suite après le mariage de Lila avec Stefano, plutôt désastreux. Les deux amies passent un été ensemble au bord de la mer, où elles retrouveront Nino Sarratore, dont Elena est secrètement amoureuse depuis l’enfance.

Que dire sur ce roman qui n’aurait pas été dit sur 1000 autres blogs ?

J’avais été d’abord enthousiasmée puis ennuyée par le premier tome, et j’ai donc retardé ma lecture de celui-ci. Mais j’ai été assez vite emportée par cette suite, où les événements s’enchaînent, où il y a moins de longueurs, et j’ai finalement dévoré les 500 pages en quelques jours.

Lila est vraiment pour moi un personnage à la fois fascinant et très antipathique et j’ai été plusieurs fois énervée par la narratrice Elena et sa passivité face à son amie volcanique. Elena est spectatrice de sa vie, laisse passer les occasions, et Lila est ce genre d’amie qui vous bouffe, devant qui l’on s’efface.

Il paraît que le troisième tome qui vient de sortir, “Celle qui fuit et celle qui reste”, est le meilleur et le plus passionnant, et j’ai hâte de le lire. j’espère qu’Elena s’y affirmera un peu plus …

Une petite chronique éclair et brouillonne car ce roman m’a laissée dubitative : j’ai apprécié sa lecture, mais j’ai la sensation de n’avoir pas grand-chose à en dire. La passivité de la narratrice, le caractère de Lila, l’impression que la violence conjugale est omniprésente et banalisée, plusieurs éléments m’ont rebutée, mais au final, j’ai tout de même été emportée par l’histoire et j’attends de lire la suite, sans toute fois comprendre, je l’avoue, que l’on porte cette saga aux nues …

L’anonymat d’Elena Ferrante et la passion que ce mystère suscite n’y seraient-il pas pour quelque chose dans cet engouement ? ….

“Le nouveau nom”, Elena Ferrante, Gallimard (disponible en poche chez Folio)

Les mille talents d’Euridice Gusmão, Martha Batalha

Dans les années 50, au Brésil, Euridice Gusmão, fille d’épiciers, épouse Antenor et devient femme au foyer. Elle commence une vie d’épouse traditionnelle, rythmée par les naissances, la cuisine, le ménage, et le dévouement à sa famille. Mais cette vie pétrie d’ennui ne suffit pas à Euridice, femme “aux milles talents”, qui se prend bientôt de passion pour la cuisine, puis la couture, qu’elle tente de transformer de simples hobbys en activités plus ou moins professionnelles, toujours rabaissée et finalement empêchée par son mari, qui veut la maintenir au foyer.

Parallèlement, le roman aborde la vie de la soeur d’Euridice, Guida, qui s’est enfuie de chez leurs parents pour suivre un homme, et toutes les péripéties qui en suivront, jusqu’à ce que les deux soeurs se retrouvent.

Ce livre m’a réjouie de mille façons : d’abord l’écriture, vive, virevoltante, pleine d’humour, est un régal ! Ensuite les personnages : Euridice est hyper attachante, et le roman est plein de petites disgressions dans la vie des voisines, des hommes de son entourage, et qui fait prendre au livre les allures d’un conte : à aucun moment je ne me suis ennuyée, et j’aurais voulu qu’il y ait 500 pages, pour que je me régale encore et encore de ces milles et une petites histoires, tour à tour drôles, étonnantes ou émouvantes.

Euridice est une femme extraordinaire coincée dans un rôle de femme ordinaire : ses talents sont pris pour des lubies, son dévouement jamais remercié, mais, loin d’être triste, l’auteur – qui est une véritable conteuse d’histoires- nous entraîne dans un roman optimiste sur l’émancipation des femmes.

Un très gros coup de coeur !

“Les milles talents d’Euridice Gusmão”, Martha Batalha, Denoël, 2017

L’Idée ridicule de ne plus jamais te revoir, Rosa Montero

Il y a des livres qui nous attirent comme ça, de loin, parce qu’ils ont un joli titre, une belle couverture, mais on ne prend pas le temps de regarder de quoi il parle … On passe à côté … Et puis, grâce à quelques avis élogieux (dont celui de Céline, merci à elle !) , je me suis enfin penchée sur ce petit livre, ni tout à fait un récit, ni tout à fait un roman.

Et il m’a touchée en plein coeur …

Livre sur le deuil, celui de l’auteur pour l’homme qu’elle aime, celui de Marie Curie pour Pierre Curie, ce texte foisonnant aborde beaucoup d’autres thèmes : celui des découvertes scientifiques, à travers un récit de la vie des Curie (passionnante !), celui du féminisme, par le biais des combats de Marie Curie, ses prix Nobels, sa maternité difficile, sa relation avec son époux, sa vie amoureuse, sa place de femme, de scientifique, de mère, dans une société du début XXème siècle, …

Je ne connaissais quasi rien de Marie Curie, mais ce livre m’a fait découvrir une femme passionnante et passionnée, incroyablement forte, qui dévoua sa vie à la science, jusqu’à ce qu’elle en meurt (soumise toute sa vie à la radioactivité, ça ne pardonne pas). Rosa Montero insère dans son livre des passages du journal de Marie Curie, qui sont magnifiques, et parvient à reconstituer un portrait tout en nuance de cette femme si célèbre et pourtant méconnue.

Mais, ce qui m’a le plus touchée, c’est l’écriture de Rosa Montero, et toute sa réflexion autour du deuil d’un être cher, bouleversante. J’aurais voulu recopier des passages entiers, incroyables de vérité, d’humanité, où chacun ne peut que se retrouver.

 

Quelques réflexions sur la littérature m’ont également touchée, comme celle-ci :

“Nous avons tous besoin de beauté pour que la vie soit supportable. Fernando Pessoa l’a très bien exprimé “La littérature, comme toute forme d’art, est l’aveu que la vie ne suffit pas.”. Elle ne suffit pas, non. C’est pour ça que je suis en train d’écrire ce livre. C’est pour ça que vous êtes en train de le lire.”

Un tout petit bémol, juste pour râler : je n’ai pas compris l’intérêt des hashtags, disséminés partout dans le livre …

Mais, à part ce détail, j’ai eu un réel coup de coeur pour ce livre, sa réflexion, son portrait de femme(s), et son écriture incroyable de beauté.

Le titre résume extrêmement bien ce sentiment que l’on doit éprouver face au deuil de l’être aimé, ce choc, cette idée littéralement inconcevable et ridicule, de ne plus jamais la revoir …


“L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir”, Rosa Montero, Points, 2016