– “Excellente rédaction, très personnelle et très bien écrite !”.

Le prof me tend la feuille, sourire aux lèvres. Je rougis, sans doute, je ne sais plus. Intérieurement, j’explose de joie. Un an plus tard, un autre prof. Le préféré, celui que l’on veut épater, celui qui restera notre meilleur souvenir d’école. “Tu pourrais écrire …”, me souffle-t-il. “C’est fait !”, je réponds, le menton levé, les yeux brillants. Fierté. Voir, encore une fois, que je l’ai surpris.

Vingt ans plus tard ou quasiment. Ranger son grenier et retomber sur tous mes carnets. Des pages et des pages typiquement adolescentes : les copines, les parents, les garçons. Sourire. Et puis, une liasse de feuilles …. mes “écrits”, dont j’étais si fière. Il y en a un petit paquet, plus que dans mes souvenirs.

“Tiens, ce n’était pas si mal … une bonne idée ou deux …. je pourrais les retravailler …”. Et puis tout ranger, sous clé. Me promettre de les brûler lorsque je serai vieille. Penser, comme à 15 ans, que je mourrais de honte si quiconque lisait tout ça.

Ouvrir mes tiroirs : tous ces cahiers … J’adore la jolie papeterie, je ne résiste pas à un beau carnet, au papier crème, doux, à la promesse d’écrire tant de belles choses dedans. Alors, je l’achète. Et il va rejoindre ses copains dans mon tiroir. Je ne compte plus les cahiers achetés en prévision d’une inspiration soudaine, d’une envie urgente d’écrire à nouveau.

Les mots et moi, ça fait la paire. Depuis toujours, avant même que je sache lire. J’ai englouti des livres toute ma vie, et caressé le rêve d’écrire depuis mon adolescence. J’ai commencé des études littéraires, abandonné, en ai repris d’autres, “fini” bibliothécaire. Les mots, toujours, les mots des autres.

Aujourd’hui, je ne suis même plus bibliothécaire. J’ai troqué les mots contre les notes. Mais j’avale toujours des romans, avidement. Et j’ai toujours cette envie de remplir mes carnets …. Mais …

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