Je ne suis pas une grande fan des nouvelles : trop court, trop frustrant. A peine intéressée par l’histoire, hop c’est déjà fini. Et souvent, la chute déçoit, ou reste ouverte. Mais, durant une formation sur la littérature canadienne, j’ai découvert Alice Munro, qui est tout de même LA reine des nouvelles (Prix Nobel de littérature aussi, rien que ça). La formatrice m’a assurée que Munro était à conseiller même à ceux qui n’aiment pas les nouvelles : que les siennes étaient denses, palpitantes, profondes, avec une vraie chute.

J’étais mordue. De plus, c’est Mai en nouvelles chez Marie-Claude et Electra, mon excuse était toute trouvée ! J’ai donc entamé la lecture d’un des recueils les plus connus de Munro, “Fugitives”. Huit histoires de femmes qui fuient, qui s’échappent, qui disparaissent.

Une particularité : sur les huit, trois nouvelles ont la même héroïne, Juliet, et explorent son histoire un peu plus longuement, comme un “mini roman”. Juliet, jeune femme, rencontre un homme dans un train qui cherche à engager la conversation. Elle le repousse, et cet homme se jette du train un peu plus tard. Est-elle responsable ? A-t-elle dit quelque chose à cet homme qui l’aurait décidé à en finir ? Juliet y rencontre ensuite un autre homme, avec qui elle aura une aventure … Dans la nouvelle suivante, Juliet est plus âgée et a une fille, Penelope, qui disparaît de son plein gré, sans donner de nouvelles à sa mère, pendant plusieurs années. A nouveau, la responsabilité de Juliet est interrogée … Si j’ai dévoré ce livre, et plus particulièrement les trois nouvelles autour de Juliet, je reste néanmoins un peu sur ma faim, contrairement à ce que l’on m’avait promis ! Je suis restée avec des questions sans réponse à la fin malgré tout … et ça, je déteste ! L’écriture de Munro me laisse admirative : dense mais concise, distante mais intime, bref, un Prix Nobel de littérature qui vaut le détour …

J’écris cette chronique une bonne semaine après avoir terminé le livre : sur le moment j’aurais dit avoir beaucoup aimé, mais maintenant je n’en suis plus si sûre. J’ai trouvé que le format des nouvelles était idéal pour la lecture dans les transports en commun : un trajet, une histoire. Mais je ne peux m’empêcher d’être frustrée à la fin, preuve que ce genre n’est vraiment pas mon préféré …

Je retenterai tout de même le coup avec un deuxième recueil, “Rien que la vie”, mais un peu plus tard …

“Fugitives”, Runaway, Alice Munro, Points, 2009

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