Juin 042018

Quel coup de poing au ventre que ce livre.
Un premier roman encensé un peu partout, et c’est ô combien mérité …

Le pitch : 

Idaho : Ann, mariée avec Wade, reste obsédée par l’histoire familiale de son mari. Quelques années auparavant, l’ex-femme de Wade, Jenny, a tué May, leur plus jeune fille, tandis que l’aînée – June- s’est enfuie et a disparu. Wade, atteint de démence précoce, laisse s’effacer peu à peu ses souvenirs de cette journée atroce du mois d’août, où ce meurtre incompréhensible a été commis. Mais Ann cherche à comprendre comment une mère peut protéger sa fille des piqûres de moustiques un moment, et la tuer la minute d’après.

“Idaho”, malgré son sujet qui avait tout pour m’effrayer, m’a conquise dès ses premières pages, et m’a captivée jusqu’au bout. Il est difficile de vous parler de cette lecture car, au-delà de son sujet, c’est son écriture qui en fait un chef-d’oeuvre. Oui, un chef-d’oeuvre, et c’est pourtant un premier roman !

Le style d’Emily Ruskovitch est superbe : elle parvient à nous conter l’indicible sans détails, à naviguer entre les époques sans nous perdre. Tantôt en 1995 lors de ce jour étouffant où le meurtre a été commis, tantôt en prison avec Jenny en 2004, avec Ann et Wade au présent, et jusqu’en 2025 …

L’histoire est troublante et obsédante : j’y ai pensé de longues heures après avoir achevé ma lecture. Car il ne faudra pas espérer avoir toutes les réponses à la fin de l’histoire … l’auteur parsème des indices de vérité, mais rien ne sera expliqué clairement … on ne peut, à la fin, que supposer .. c’est évidement un peu frustrant, mais ajoute finalement du charme à la magie de ce roman.

Pas de détails sordides ou de description glauque du meurtre : celui-ci est décrit comme à travers un brouillard :

Jenny, mère infanticide, n’est pourtant pas un monstre. Condamnée à la perpétuité, elle sera exemplaire en prison, sans toutefois expliquer son geste fou.

Wade, père dévasté, se laisse peu à peu sombrer dans le néant, où il oublie le drame de sa vie.

Ann, professeur de piano, tente de trouver sa place auprès de cet homme et ne peut s’empêcher d’être fascinée par cette histoire, au point de côtoyer la folie à force de chercher des traces de sa propre responsabilité dans ce qui est arrivé.

“Idaho” est un grand roman, qui vous marque, vous trouble, vous empêche de dormir. Des passages magnifiques que l’on relit plusieurs fois. Des personnages envoûtants et mystérieux. Une véritable atmosphère, qui vous oppresse. Et, par-dessus tout, une écriture sublime, qui annonce un grand auteur américain.

Une magnifique découverte et un énorme coup de coeur !

“Idaho”, Emily Ruskovich, Gallmeister, 2018, 359 p.


Reader Comments

  1. En effet, le résumé n'est pas des plus attractifs, dans le sens où on serait nombreux en ne se tenant qu'à ça, à fuir ce genre d'histoires impliquant notamment un infanticide.
    Mais la plume a l'air vraiment belle et puis les éditions Gallmeister se trompe rarement !

  2. Je l'ai acheté ce midi! Mais je n'aurai pas du lire ton billet car tu dévoiles le début de l'histoire avec Jenny… (dans le résumé, ils n'en parlent pas du tout). Zut zut!

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