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Quand j’ai appris la sortie de ce roman, la suite des aventures de la désopilante Kate Reddy, j’ai bondi de joie. J’avais a-d-o-r-é “Je ne sais pas comment elle fait”, où Kate se débattait déjà avec la  maternité : prise entre une carrière exigeante et le gang des Mères Parfaites de l’école, notamment avec cette scène où elle se retrouve à marteler des tartelettes industrielles, à 3 H du matin, pour qu’elles aient l’air faites maison.

Avant les femmes avaient le temps de faire des tartelettes et étaient obligées de simuler leurs orgasmes. Aujourd’hui, nous réussissons les orgasmes mais nous sommes obligées de simuler les tartelettes.

Ce nouveau roman aborde un thème finalement très peu vu en littérature : celui de la ménopause. Kate a bientôt 50 ans, des ados qui ne lui adressent plus la parole, un mari qui “fait un break” dans son job pour un trip yoga-pleine conscience, un boulot à retrouver et une liste de symptômes désagréables longue comme le bras. Là-dessus, le beau Jack, qu’elle s’était efforcée d’oublier, réapparaît …

Les années d’éducation sont si prenantes, si dévorantes, qu’il est facile de ne pas voir que votre mariage bat de l’aile, car il est enseveli sous une pile de Lego, de salopettes boueuses et de sacs d’EPS. Mais quand les enfants ne sont plus là, votre couple n’a plus nulle part où se cacher. C’est brutal.

L’adolescence, l’éducation, les ravages des réseaux sociaux, la ménopause et son cortège de désagréments, le couple, les parents vieillissants qu’il faut prendre en charge, la difficulté de retrouver un travail et de la considération pour une femme qui a été au foyer quelques années, la passion, l’amitié, tous ces thèmes traversent ce roman qui m’a enchantée de bout en bout.

Je ne compte plus les pages cornées, les passages qui m’ont marquée ou fait hurler de rire, ni le nombre de copines à qui j’ai eu envie de prêter le livre. Je l’ai acheté à sa sortie et gardé précieusement pour mes vacances, comme une petite douceur à savourer, et lire les aventures de Kate, qu’on voudrait pour meilleure amie tellement elle nous comprend, m’a fait passer un excellent moment de lecture.

Depuis que je mets tes patchs de testostérone j’ai ressenti mon premier frisson de désir sexuel depuis un an. Pour mon maçon polonais. Je pourrais me débarrasser de lui mais il me faut une cuisine avant noël. Je fais quoi ?

C’est vif, c’est drôle, c’est intelligent, c’est bien vu, c’est à recommander à toutes les femmes. Kate est hyper attachante et l’auteur ne nous cache rien de ses déboires liés à la cinquantaine : c’est parfois cru mais toujours criant de vérité. Les dialogues sont percutants et les situations hilarantes.

Bien que, du haut de mes 34 ans et deux petits loulous, ça me fasse un peu peur quant à l’adolescence  …

Parfois je me surprenais à rêver du moment où ils sortiraient enfin de l’enfance et où la vie serait plus facile ; maintenant j’ai toute la vie pour rêver de nouveau à leur enfance (…)

Manque de pot, il a fallu que je sois mère à une époque où les adolescents ont le droit de parler à leurs parents comme aucune génération avant eux dans l’histoire de l’humanité.

J’abuse un peu des citations dans cet article, mais croyez-moi elles représentent bien ce roman, si drôle qu’il serait à mettre sur ordonnance.

Quant à moi, Kate me manque déjà, et j’envisage de relire le début de ses aventures …

“La nouvelle vie de Kate Reddy”, Allison Pearson, Le Cherche Midi, 2018, 704 pages

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