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Virginia, une jeune femme au prénom prédestiné, a 31 ans, est enseignante et vit chez ses parents, en Angleterre. Signe particulier : toujours vierge, mais pétrie de fantasmes où un “homme à la moustache noire” abuse d’elle. Terne et grise, Virginia vit sa petite vie monotone, entre ses cours, ses parents, son correspondant américain et “le professeur” qui l’emmène au concert de temps en temps, jusqu’au jour où elle accepte une interview télévisée pour parler de sa virginité (!).

Repéré sur quelques blogs, ce roman me faisait de l’oeil, et j’ai eu la chance de le trouver d’occasion. Ayant un excellent souvenir de ma lecture du même auteur “Mentir n’est pas trahir”, je me suis plongée dans la vie de Virginia, tout d’abord avec délices, avant de déchanter.

Ce roman possède cette petite touche d’humour british que j’adore, et les personnages sont finement observés. Les parents de Virginia m’ont bien fait rire, avec leurs petits travers, et j’attendais que Virginia elle-même prenne un peu plus de consistance. Hélas, bien que terne, elle aurait pu être moins sotte ! Combien de fois se fait-elle marcher sur les pieds, tromper et même carrément violer sans réagir ? Il me semble même qu’elle dit “au revoir et merci” à celui qui lui prendra (enfin) sa virginité, brutalement, dans une scène horrible.

Pourquoi, se demanda Virginia, était-elle le genre de fille à qui les gens proposaient toujours une boisson chaude et non simplement un verre ? Qu’y avait-il chez elle qui empêchait les gens d’imaginer qu’elle s’enfilerait volontiers un double whisky ?

La description de Virginia détaillant en interview sa virginité, avec ses parents tout sourire à ses côtés, est tout bonnement surréaliste. Est-elle naïve au point de ne pas se rendre compte du ridicule auquel elle s’expose ? On aurait envie de lui donner des claques. N’allez pas croire qu’une quelconque mode de télé réalité excuserait cet épisode : le roman a été écrit en 1972, pour être traduit en français en 2016 …

Une déconvenue donc, pour un roman à l’écriture très agréable, peine d’humour, mais qui ne tient absolument pas ses promesses : Virginia est à baffer, à la limite de la crédibilité, et le roman se termine en eau de boudin. Parvenue à la dernière page, je me suis écriée : “et ??? c’est tout ?”. Déçue donc, par ce roman, qui aurait pu être mille fois mieux …

La vie rêvée de Virginia Fly, (Virginia Fly is drowning), Angela Huth, éditions de la Table Ronde, 2016, 217 p.

 

Vient de paraître en poche chez Folio : 

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4 Comments on La vie rêvée de Virginia Fly, Angela Huth

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