Oct 172016

J’ai lu ce petit roman d’une centaine de pages en un aller-retour en train (vive les transports en commun, qui me permettent de me poser pour lire, de voler du temps à la journée pour avancer dans ma PAL !).

La quatrième :

Au rythme des faire-part de naissance et de mort, voici la chronique de destins féminins dans la société bourgeoise du début du XXe siècle. Fiançailles, mariages, enfantements, décès… le cycle ne s’arrête jamais, car le ventre fécond des femmes sait combler la perte des êtres chers. C’est avec l’élégance du renoncement que l’on transmet ici, de mère en fille, les secrets de chair et de sang, comme si la mort pouvait se dissoudre dans le recommencement

Nous suivons donc le destin des femmes d’une même famille, sur plusieurs générations : filles, belles-filles, petites-filles. Ces vies de femmes de la fin du 19ème siècle, rythmées par le mariage, parfois de raison, puis par les grossesses qui s’enchaînent, les morts prématurées des maris et des enfants, parfois, les laissant seules face à la vieillesse, tapie dans l’ombre.

Valentine, Mathilde, Gabrielle, toutes vivront des drames, des joies immenses, comme un cycle sans fin, et leurs filles reprendront le flambeau : naître, vivre, se marier, enfanter, puis faire face à la douleur de la perte, les maris ont ici tendance à partir les premiers, ou vivre la mort d’un enfant, le pire des deuils, celui dont elles ne se remettront jamais tout à fait.

Ce roman est court, mais délicieux de par son écriture, belle à couper le souffle, d’une élégance et d’une virtuosité rares. Alice Ferney possède une plume que l’on dirait venue d’un autre temps, où chaque phrase est taillée de douceur et sonne comme parfaite, file droit jusqu’au coeur, et nous laisse la sensation de lire véritablement un grand écrivain classique, mais sans nous ennuyer une seule seconde.

Ses personnages de femmes sont inoubliables, et j’ai passé un excellent moment de lecture, comme hors du temps, transportée avec Valentine et les autres dans ce monde du passé, d’un autre temps, mais où finalement les joies et les peines sont les mêmes qu’aujourd’hui, sont universelles.

Je ne peux que vous conseiller la lecture de ce beau livre, réédité avec une magnifique couverture tirée du film “Éternité”, sorti récemment, et adapté du roman. Je n’ai pas vu le film, seulement la bande-annonce, très belle, très classieuse, mais le roman me suffit et me comble, grâce à l’écriture sublime d’Alice Ferney.


L’élégance des veuves, Alice Ferney, Babel poche, réédition de 2016


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