C’est un roman tout en intériorité. La narratrice, sans nom, française à Montréal, bascule dans la passion, au hasard de sa rencontre avec Noah. En couple avec Samuel, elle vit cette liaison sans en souffler mot. Le coeur entre deux hommes, l’un français qui l’a suivie au Québec, l’autre anglophone.

Montréal est un personnage à part entière, avec ses rues, ses quartiers, ses parcs. La neige, qui recouvre tout de son silence blanc. Les après-midis d’hiver, passés dans les bras de Noah. Noah qui refuse de se livrer, de s’engager, qui a si peur des sentiments. Les deux hommes sont en arrière-plan du roman, néanmoins. La narratrice est en deuil : elle a perdu sa mère il y a peu. Cette mère dépressive, qui dès l’arrivée de l’automne hibernait et rentrait en elle-même, jusqu’aux beaux jours. Le roman est parsemé des souvenirs avec cette mère tragique, triste à en mourir.

“Je sais qu’il faut aimer les autres dans leur peine, on ne peut pas la leur enlever comme un manteau, il n’y a d’autre choix que d’aimer, ou de passer sa route.”

La plus grande réussite de ce premier roman, c’est son style. Anna Zerbib, tout en poésie, nous entraîne avec elle dans un monde silencieux, celui de l’intériorité de son héroïne. Elle parvient à nous dire l’intime avec une justesse et une délicatesse infinie.

« Peut-être écrit-on pour dire qu’un jour, en plus de soi, quelqu’un, quelque chose, était là. »

Un premier roman somptueux, dans lequel l’hiver, Montréal, les secrets, la vie intérieure, jouent le premier rôle.

Un coup de coeur.

“Les après-midi d’hiver”, Anna Zerbib,Gallimard, sorti en mars 2020

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