J’avais prévu de me lancer dans deux chroniques qui attendent leur heure, celle du “Chagrin des vivants” d’Anna Hope, et du dernier Kate Atkinson. Mais, je n’y arrive pas. Peut-être parce que ce sont des demi déceptions ? Des lectures plaisantes, mais sans plus; des romans dont j’ai tourné les pages sans ennui, mais sans y trouver grand-chose à en dire non plus …

Ce confinement devient long, et s’il m’ permis à son début de lire énormément, de rattraper mon retard de ces derniers mois dans ma Pal, il commence à me peser …. Je rêve d’aller en librairie découvrir des nouveautés – même si bien sûr il n’y en a pas, et que les éditeurs ont stoppé leurs envois. Je choisis un livre dans ma Pal, le repose, en prends un autre, en lis deux pages, … Rien ne me fait envie. Je voudrais un bon gros pavé addictif qui m’emporte loin de mon chez-moi, loin de cette routine étouffante. Comme rien ne me tentait dans les dizaines de bouquins qui m’attendent, j’ai relu un de mes préférés, “Dans les coulisses du musée” (le tout premier roman de Kate Atkinson), lu en 2005. Et je l’ai à nouveau adoré ! Petit plaisir.

Et puis, soudain, une épiphanie : pourquoi ne pas profiter de ce confinement pour lire -enfin- ma pile de classiques ? J’ai Virginia Woolf, Fitzgerald, Zweig, Vian, …. Tous ces “classiques que j’aurai envie de lire, mais va savoir quand”. Mais non. Je n’y arrive pas non plus. Ils me tombent des mains. Échec.

La vérité c’est que je n’ai d’énergie – et de volonté – pour rien. Que ce soit vider ma pal ou avancer dans mes morceaux au piano, je papillonne, sans réussir à me fixer. Je rêve, mon esprit vagabonde. Je n’ai plus qu’un seul neurone – et il me sert aux devoirs des enfants.

Je m’inquiète. Pour le boulot, l’école, l’été qui s’annonce. Le voyage prévu – faudra-t-il l’annuler ? Y aura-t-il des camps scouts ? Des stages ? Ou vais-je passer l’été le plus long de ma vie, coincée à la maison avec mes enfants ? (#mauvaisemère).

J’ai des envies d’écriture, mais qui n’aboutissent pas. Je commence un texte, puis un autre. J’écris deux pages, puis le souffle retombe. Je suis une terre sèche, mon imagination est en berne.

Et vous ? Etes-vous pris d’une frénésie de lecture ? Videz-vous votre Pal ? Ou est-ce la panne d’envies, de motivation ? Arrivez-vous à rester concentré sur un texte ?

22 thoughts on “Mélancolie d’une lectrice confinée

  1. Bizarrement comme toi je lis moins que d’ha, même si ton cadeau me passionne ! J’ecris beaucoup et je me tourne vers la poésie. Mais on commence à manquer de nourriture cérébrale 😉

  2. L’inquiétude est légitime, et les baisses de moral aussi, la situation est tout de même inhabituelle et anxiogène… je m’estime chanceuse de pouvoir pratiquer le télé travail, qui rythme bien la semaine, mais j’ai des moments de vide, de flottement, pendant lesquels je ne sais pas quoi faire de ma couenne… je me mets la pression en me disant que c’est le moment de faire du tri, du grand ménage et.. je finis par prendre un livre !! Car l’envie de lire ne m’a pas lâchée, contrairement à toi. Je pensais même avoir fait baisser ma PAL plus que ça, et me suis sentie déçue en constatant que je n’ai lu qu’une goutte d’eau dans l’océan de livres qui envahissent mes étagères.. Ton évocation de Dans les coulisses du musée m’a rappelé un très bon souvenir de lecture, c’est aussi avec ce titre que j’ai découvert Kate Atkinson, que je n’ai pas lue depuis bien longtemps d’ailleurs (mais je crois avoir un recueil de nouvelles qui traîne quelque part…).
    J’espère qu’en ce qui te concerne, l’envie va revenir. Même si c’est un peu long, ce que nous vivons est temporaire..
    Courage !

    1. Ce n’est pas tellement l’envie qui manque, c’est plutôt la concentration … Pour Kate Atkinson, je n’accroche pas trop avec ses nouvelles justement … Je te conseille “La souris bleue”, quand tu auras l’occasion de mettre la main dessus ! Merci pour ton commentaire 😉

  3. Des hauts et des bas par ici… un abandon, puis une lecture sympa mais sans plus et finalement, c’est reparti !
    Pour moi la grande question / inquiétude de l’après c’est plutôt pour le deconfinement : Ecole / pas école ? Télétravail / travail à l’extérieur ? Gérer seule les enfants / à deux ?
    Mais une chose est sure : hâte de retrouver le chemin des librairies !!

  4. J’ai la «chance» de travailler dans le milieu médical. Je dit la chance parce que même si c’est dur, qu’on voit des choses qu’on n’aurait jamais imaginer, qu’on ne travail plus que pour se virus et qu’on se demande où sont passées les autres maladies,… j’ai la chance de travailler, de sortir, de voir des gens.
    Alors c’est normal d’avoir des baisses de régimes. Si tu n’as le courage de rien pourquoi ne rien faire alors. Laisser ton esprit rêver c’est bien aussi.
    Courage pour la suite et puis pour l’été et bien carpe diem.
    Biz

      1. Même là finalement j’ai peur d’aller… J’ai aussi très envie d’aller chez le fleuriste m’offrir un beau bouquet de pivoines ! Je verrai bien le 11 mai quelles seront les restrictions en vigueur chez nous et où en seront mes angoisses !

  5. Je lis moins que d’habitude et pour cause : finies les 2h de train par jour que je “rentabilisais” en lisant quelques pages. Et pourtant j’ai ENVIE de lire, d’écrire, mais je papillonne aussi et comme toi je rêve DU livre qui va me mettre dans tous mes états 🙂
    Mon blog est aussi du coup au ralenti. Mais j’essaie d’y mettre quelque chose, si plus toutes les semaines au moins tous les 15 jours. Mais sans me forcer non plus car je ne veux pas me dégoûter.
    Si ça peut te rassurer un peu, c’est un état tout à banal en cette situation, plusieurs psychologues le constatent. Alors, il faut être un peu indulgent avec soi-même. Prendre soin de soi, je crois que ça passe aussi par le fait de ne pas culpabiliser ou être trop dur avec soi. C’est une période bizarre, nous avons le droit de nous sentir bizarres aussi.

    1. C’est vrai qu’on a jamais connu de telles restrictions à nos libertés, c’est inédit et tellement anxiogène … Pour le blog, tu as raison de ne pas te forcer ! Merci pour ton passage ici 😉

  6. Comme pour Ingannmic, le télétravail structure bien mes journées, et j’ai toujours la lecture et l’écriture comme refuge ; ça fonctionne encore et toujours pour moi. J’ai laissé de côté les exigences de “bonnes résolutions” style rangement ou petits travaux dans l’appartement… Hors des heures du travail, je me fais plaisir (cuisine, sport, lecture…) mais je veille à rester occuper, sinon le blues pourrait s’installer. Dans cette période étrange, j’ai conscience d’être une privilégiée.
    Je te souhaite de retrouver le goût des livres, c’est un tel réconfort ! Mais il faut aussi accepter les périodes de “moins bien”, les accueillir, ne pas les nier pour pouvoir les dépasser… Courage !

    1. Merci beaucoup pour ton commentaire ! De mon côté, le télé travail est difficile, je manque de choses à faire, et quand j’en ai , les enfants ne me laissent pas travailler ! J’ai des résolutions aussi, mais je n’en ai tenu qu’une seule pour l’instant (le rangement du grenier, et je suis bien contente de l’avoir fait ! )

  7. Oh bah alors !
    Ca me fait de la peine de lire ça : pas pour la lecture, parce que finalement, on a le droit de ne plus avoir envie de lire. Mais pour ce coup de blues. J’ai lu il y a quelque temps (avant le confinement) des articles sur la méditation de pleine conscience et la nécessité de se recentrer sur l’instant présent. Inutile de se projeter dans la mesure où on ne sait rien de ce que nous réserve l’avenir, ne serait-ce que la semaine prochaine. Pour ma part, je ne suis pas une adepte de la méditation et j’ai quand même du mal à ne pas être active. Depuis le confinement, j’ai été très occupée par mon boulot en télétravail et la classe à la maison. Mais la semaine dernière, j’étais en vacances : j’en ai profité pour renouer avec mon environnement (ma famille et mon jardin). J’ai passé du temps dans mon jardin (il y a toujours à faire !) mais en me limitant au matin pour avoir du temps pour profiter du moment présent quand même (et du soleil). J’ai donc jardiné un peu, fait des semis avec ma fille (que nous observons pousser tous les jours), bouquiné dans ma chaise longue, rien fait dans ma chaise longue toujours (;-)), fait un peu de piano, pas trop… Là, je suis repartie dans le rythme trépidant du télétravail et je n’ai plus trop de temps pour me poser. Je suis contente d’avoir pu prendre ce temps la semaine dernière.
    Je pense que nous avons l’habitude d’être toujours hyper actifs et de n’avoir jamais le temps pour rien : on essaye donc de rentabiliser notre temps et de faire tenir le plus de choses en un temps minimum. Il faut apprendre à lever le pied et profiter de l’instant présent sans projeter nos angoisses dans l’avenir.
    Bref… je cause. Mais je ne pense pas qu’il y ait de recette. Un truc quand même : j’ai enregistré mon jardin la semaine dernière sur le site http://www.oiseauxdesjardins.fr et je prends le temps régulièrement de me poser pour observer les oiseaux de mon jardin, les compter et les enregistrer sur le site. Cela fonctionne partout et pour tout le monde (jardin ou non) et cela nous donne un bon prétexte pour se poser et respirer 😉
    Fais-toi confiance et sois bienveillante avec toi-même.
    Bon courage (et à bientôt pour tes prochains billets !)

    1. Merci pour ce long commentaire si gentil ! J’ai aussi la chance d’avoir un jardin, ça occupe bien les enfants et je profite du beau temps. J’ai tenté un peu de yoga dans le salon, ça ma fait du bien …. par contre, pour la méditation, il faudrait déjà que je n’entende plus de “mamaaaaaaan” toutes les cinq minutes 😉

  8. En fait je lis moins que d’habitude… Et j’élimine la PAL, car ce qui me tombe des mains, je suis sans pitié, ce sera donné, après!

  9. Bonjour, primo, j’adore ta photo de biblio désordonnée.. ces livres à-l’envers-à-l’endroit, ce joyeux bazar rempli de belles lectures..
    Concernant ta mélancolie, je vois que d’autres ont posé les mots que j’aurai voulu te dire aussi : ne te tracasse pas. C’est une période inédite, et même si on ne veut pas stresser, notre corps a ses réactions inconscientes. Mélange entre le ras-le-bol, l’impatience, la joie d’être en pseudo-vacances… beaucoup d’émotions d’un coup. Nos tempéraments sont bousculés et je pense qu’il faut “lâcher prise” et faire ce que nous voulons au moment où l’on ressent le besoin. Certes peu évident avec de jeunes enfants qui ont besoin d’attention et de présence, mais dès que l’on peut, s’écouter. Tes lectures ne te plaisent pas ? continues de piocher dans ta pile, il y en aura un qui va arriver. Tu veux écrire 3 lignes ? poses ces quelques mots qui te permettent de t’épancher un instant. Tu veux rester là, dans ton canapé/fauteuil à regarder le vent passer ? c’est aussi une forme de méditation et de réflexion. Je crois qu’en cette période où nous avons beaucoup de règles de vie pour l’extérieur, il est bien aussi de ne pas s’en mettre pour notre “moi-intérieur” 🙂
    Sois libre de faire ce que tu veux, le retour à la normale en mode dé-confinement sera bien assez complexe dans les semaines à venir.. Bon courage et belles lectures tout de même !
    ps : si tu veux tenter une lecture commune, au cas où, même 3 pages par jour pour essayer, n’hésites pas.

    1. Merci beaucoup Félicie pour ton message si bienveillant ! Il me touche énormément. Prends soin de toi et courage à toi aussi. Ps : une lecture commune, pourquoi pas ! Tu as des idées ?

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