“L’amie”, petite pépite de douceur

 

Sur les genoux de Mini Louloute, un très bel album …

Belle est une petite fille dont les parents sont trop occupés pour se soucier d’elle. Elle passe donc ses journées avec sa nourrice Béa, journées bien remplies par les tâches de la maison, qu’elles exécutent à deux, toujours dans la bonne humeur.

Chaque jour, elles vont à la plage, voir l’océan, se promener, ramasser des coquillages, …
“Main dans la main, Belle et Béa, au bord de l’eau” .

 

La relation entre la petite fille et sa nourrice est douce, pleine de respect mutuel, et les journées s’écoulent, calmes et tranquilles. Jusqu’au jour où Belle décide de jouer seule sur la plage, avec son ballon.  “Je suis grande, je fais ce que je veux !”, pense-t-elle …
Mais le ballon vole vers l’océan, et l’intrépide petite fille fonce dans les vagues pour le rattraper …
Heureusement, Béa, l ‘Amie, veille et accourt …

 

La petite fille sera sauvée par sa nourrice, dont elle se souviendra avec tendresse devenue adulte.
C’est un merveilleux album que nous propose Les Editions des Eléphants, une histoire vraie, que l’auteur Sarah Stewart a elle-même vécue, et superbement illustrée. Située aux Etats-Unis dans les années 50, l’histoire est pleine d’émotions et prend à la gorge.
Une très jolie découverte !
“L’amie”, Sarah Stewart, illustré par David Small, Les éditions des éléphants

Le secret du mari, Liane Moriarty

Parce qu’il n’y a pas QUE la littérature jeunesse, j’ai envie de vous présenter aussi les bouquins “coup de coeur”, parmi tous ceux que je lis …

J’ai commandé ce roman pour la bibliothèque où je travaille en pensant que ce serait bien pour toutes les lectrices qui aiment les romans un peu gnangnan, à l’eau de rose, sans pour autant tomber dans le Harlequin.

Puis, on l’a reçu, je l’ai ouvert, et je l’ai chipé pour moi.

Puis, j’ai plongé dedans … et je n’en suis ressortie qu’à minuit, deux jours plus tard, avec une furieuse envie de le conseiller à tout le monde !

Comment résumer ce roman sans trop en dire ?
Nous voilà donc en Australie, dans la banlieue de Sydney (oui, ça se passe la semaine de Pâques et on parle de ce joli temps d’automne, il m’a fallu le temps de tilter), et dans la vie de trois femmes : Cécilia, Tess et Rachel.

Cécilia, vraie Wonder Woman, mariée, trois filles,  investie dans l’école et dans la vente de Tupperware, découvre au grenier une lettre de son mari, qui lui est adressée, à n’ouvrir qu’après sa mort. Gloups. Dévorée de curiosité, Cécilia est en plein dilemme (et vous, vous auriez fait quoi ?)

Rachel travaille comme secrétaire dans l’école des filles de Cécilia, essayant d’oublier sa vie dévastée par le meurtre de sa fille 17 ans, des années plus tôt, et se console avec son petit-fils de 2 ans.

Tess découvre que son mari et sa cousine sont tombés amoureux l’un de l’autre, et se réfugie chez sa mère (qui vit bien sûr dans le village près de Cécilia et Rachel).

Cécilia résiste un temps puis finit par ouvrir la fameuse lettre de son mari … lettre qui contient un secret dévastateur, dont aucune ne sortira indemne …

Les personnages de femmes sont très attachants, on peut s’identifier dans chacune d’elle, le rythme est soutenu, et l’histoire est diablement prenante.
Cécilia et Rachel, particulièrement, sont des figures romanesques qui plaisent immédiatement, qui suscitent l’empathie.

Je pensais que ce serait écrit avec les pieds, mais que nenni, c’est bien écrit, avec quelques passages qui nous font réfléchir sur notre propre vie. Tout sonne juste : les interrogations de chacune, les douleurs, les doutes, les regrets, la vie quoi …

Pendant toute ma lecture, j’ai nié mon mari qui me parlait, mes enfants qui chouinaient, le monde autour, l’heure qui tournait.

J’ai reconnu en ce roman LA qualité des bons livres : tu as envie de le dévorer d’une traite, et en même temps d’en croquer petit bout par petit bout, comme un délicieux chocolat (oui, je suis poète).

Tu le savoures en voyant venir la fin avec angoisse et tristesse, tout en lisant frénétiquement, en oubliant le monde autour. Cela s’appelle un gros coup de coeur, et ça n’arrive pas si souvent que ça, finalement, parmi la tonne de romans que je bouquine. Je songe à créer un rayon spécial dans la bibliothèque, ou à tenir un petit carnet, au moins je saurai quoi conseiller aux lecteurs, au boulot.

Une adaptation au cinéma est prévue, et j’en suis ravie, j’ai pensé tout au long de ma lecture que ça ferait un très bon film …

Une lecture à conseiller les yeux fermés, pour passer un excellent moment !

“Le secret du mari”, Liane Moriarty, éd. Albin Michel

 

Pour les enfants qui s’ennuiiiiiiient (et leurs parents)

 

Petit Loulou, 4 ans et demi, a une fâcheuse tendance à s’embêter ferme dès qu’il est livré à lui-même. Tant que sa soeur est là pour foutre le bordel jouer, tout va bien.
Mais sinon, il erre dans mes jambes, s’accroche et pousse le cri plaintif de “je m’ennuiiiiiiiiiie”.

J’ai donc ramené du boulot ce petit album histoire de lui faire passer le message, qu’il doit trouver à s’occuper, et tout seul, s’il-vous-plaît (un psy m’a dit qu’il fallait les laisser s’ennuyer. leur apprendre à ne rien faire, à profiter, à développer leur imagination. A les laisser mariner. Hum. Pas facile-facile à appliquer).

Or donc, c’est l’histoire d’une petite fille qui s’ennuie, et qui rencontre une patate (!). Qui s’ennuie.

 

La patate râle un peu de se retrouver avec une ennuyeuse petite fille. Et celle-ci, pour que la patate veuille bien jouer avec elle,  va tenter de la convaincre qu’un enfant, ça sait faire des tas de choses passionnantes !
Le gag étant que la patate répond à chaque fois un morne “ennuyeux”, en guise de commentaire. La petite fille finit par exploser :
Je ne dévoilerai pas la chute, rigolote !
Petit Loulou a d’abord rigolé de la patate, puis dit “ah oui, c’est vrai, elle peut faire plein de choses la petite fille !” (et na !).
On s’est amusés donc, avec et album qui réjouira tout parent confronté à la complainte du pauvre enfant qui s’enquiquine.
“Je m’ennuie”, Michael Iann Black et Debbie Ridpath Ohi, Seuil jeunesse

Rebecca Cobb nous enchante …

 

“Il y a quelques temps, nous avons dit au revoir à maman. 
Je ne sais pas très bien où elle est partie.”.

Sur le thème délicat du deuil, et qui plus est, celui d’une maman, Rebecca Cobb réussit un album sensible et touchant, qui vise juste, en peu de mots.

 


Le petit garçon de l’histoire commence par chercher sa maman partout, puis interroge son papa. Il est fâché, inquiet, triste. Il va au cimetière. Il réapprend la vie quotidienne, sans sa maman, qui reprend malgré l’absence et la douleur.

 

L’album est fait de phrases courtes et percutantes, et touche en plein coeur par sa sobriété….

Rebecca Cobb, auteur britannique, concocte de jolis petits albums, avec sa patte bien à elle.  Celui-ci est particulier de par son sujet, mais elle a également écrit un petit bijou de tendresse et de fantaisie nommé “Tante Amélie”, que Petit Loulou a beaucoup aimé !

L’histoire ? Deux enfants sont gardés par leur tante Amélie, pour la première fois … Les parents ont laissé une loooongue liste de recommandations … Que Tante Amélie s’empresse de transgresser joyeusement !

 

Les enfants s’en donnent à coeur joie et réclament leur tante pour la prochaine fois …
(et non, personne n’a l’air de s’offusquer du fait qu’Amélie soit un crocodile, Petit Loulou, est-ce que je t’en pose des questions, moi ?).

Deux petits bijoux à découvrir, pour leurs illustrations tendres et délicieusement vintage 😉

“Au revoir maman” et “Tante Amélie”, Rebecca Cobb, éd. NordSud

Jean-Michel : le gros coup de coeur de Petit Loulou !



Depuis qu’il l’a reçu, Petit Loulou a bien dû le réclamer 150 fois, au bas mot.

La fabuleuse histoire de Jean-Michel, le caribou des bois de Vlalbonvent. Il en est le superhéros, celui qui sauve les doudous des habitants des griffes de Koumpfs, qui les volent chaque nuit.


Mais un jour, Victoria la fée débarque, avec ses super pouvoirs de fou (GPS à la ceinture, tout ça …), et pique le boulot de Jean-Michel.

 



Jean-Michel et Victoria vont alors s’affronter, pour la place de super héros attitré de Vlalbonvent …
Comment notre caribou va-t-il s’en sortir ? Quel suspense insoutenable !

Un album coup de coeur ici donc, autant pour Petit Loulou (4 ans) que pour les parents, pour ce petit album à mi chemin avec la BD, aux couleurs flashy, aux dessins rigolos et aux dialogues qui permettent au parent-lecteur-esclave (au bout de la 15ème fois, hein) de s’amuser aussi (prendre, pour cela, l’accent espagnol de Victoria, et observer le sourire de Petit Loulou, un régal).

On a depuis reçu le premier tome, “Jean-Michel le caribou des bois”, un livre-jeu, où on demande à l’enfant et à son petit doigt plein de cocolat de suivre le circuit pour retrouver la trace de ces maudits Koumpfs voleurs de doudous. Sans l’accent espagnol, ça a un peu moins de succès chez nous, même si c’est très chouette.

A mettre entre toutes les petites mains, pleines de cocolat ou pas !



“Jean-Michel et Victoria la fée”, Magali le Huche, Actes sud junior, 2014


Le crocodile qui avait peur de l’eau

Pour commencer ce blogounet tout neuf, un très joli album jeunesse …
L’histoire est celle d’un petit crocodile qui se sent bien différent de ses frères : il déteste l’eau ! Il n’ose pas sauter du plongeoir, et puis l’eau c’est froid et ça mouille, berk ! Même avec une bouée, notre petit crocodile ne parvient pas à surmonter sa peur et à s’amuser …
Un jour, son nez se met à le démanger … de plus en plus fort jusqu’à … l’éternuement de feu !
Oh ! Le petit crocodile n’en était peut-être pas un, finalement ….
Une très jolie histoire sur le sentiment de différence, et les avantages qu’on peut en retirer : ici, le petit crocodile se découvre dragon, il accepte sa différence et est libéré de sa peur. Sa queue pousse, ses ailes sortent …. et il peut emmener ses frères sur son dos dans le ciel, cracher du feu et plein de choses !
Petit Loulou (quasi 4 ans) est très fan de cet album, et moi de ses dessins à la fois naïfs et tendres.

“Le crocodile qui avait peur de l’eau”, Gemma Merino, Les albums Casterman, 2014.

Maman dans tes bras

Mini Louloute vous présente aujourd’hui, en exclusivité mondiale, l’album au titre qui parle à TOUS les enfants : “Mamans, dans tes bras” ! Ceci est presque un cri du coeur. En effet, comme chacun sait, on peut appeler Maman pour maintes et maintes raisons, toutes plus importantes les unes que les autres, la première de toutes étant celle-ci :

Charmant. Cet album rigolo égrène donc les situations où l’enfant crie “mamaaaaaaaan” (comment ça, tout le temps ?).
Maman est, bien entendu, toutjours là. Petit Loulou se délecte de cet album et rigole à chaque fois aux mêmes pages (pipi, caca, vomi, miam !).
Illustré par Soldedad, qui avait déjà sévi pour Les Paresseuses, ou quelques autres albums comme “Le livre des bruits” (un classique des bébés ! mâchouillé, déformé, le nôtre est toujours vaillant).
Humour un tantinet décalé donc, pour un chouette album qui montre bien comme la Maman est un repère quotidien dans TOUTES les situations …
Et le Papa, me direz-vous ? Il glandouille ou quoi ?
Hum, presque. Je ne vais spoiler la fin, mais on voit le Papa, oui.

Et on voit à quoi il sert, finalement 😉

“Maman, dans tes bras”, Soledad Bravi, L’école des loisirs

L’ours et l’enquiquineuse

Gros coup de coeur pour cet album, déniché par Superpapa en personne !
L’ours prépare son petit déjeuner tranquillou quand soudain … une petite souris grise, aux yeux malicieux, s’invite. Or l’ours déteste la compagnie et a installé à sa porte un grand panneau “Ne pas déranger”, panneau qu’il s’empresse de montrer à la souris, avant de la mettre dehors.

Mais, sur plusieurs pages, nous voyons l’ours qui trouve toujours la petite souris planquée quelque part : dans le tiroir à pain, dans la théière, même après avoir bloqué toutes les issues et cloué des panneaux aux fenêtres … la petite malicieuse ressurgit sans arrêt et fnit par rendre notre ours complètement marteau.
Au bout d’un moment, l’ours, en pleurs, abandonne la partie et consent à prendre le thé avec la petite souris … dans un silence glacial. Mais la petite souris, qui a plus d’un tour dans son sac, réussit à dérider l’ours, qui se retrouve à faire le poirier, raconter des blagues et apprécier sa compagnie, car personne n’avait jamais rigolé avec lui.
Puis, la petite souris rappelle à l’ours qu’elle lui a promis de ne pas le déranger longtemps …. et s’en va…
Quelle va être la réaction de notre ours mal léché ?
Voici un très bel album sur une improbable amitié, plein de drôlerie et de tendresse. Le texte comporte des répétions (que les enfants adorent), et les dessins sont doux et rappellent le style de “Tu ne dors pas, Petit Ours ?” de Barbara Firth aux illus.
C’est, apparemment, le premier tome d’une série : viennent ensuite “L’anniversaire de l’ours” et “L’invitée surprise”, où les deux comparses sont définitivement amis.
“L’ours et l’enquiquineuse”, Bonny Becker et Kady MacDonald Denton, Les albums Casterman

Colin Coton, pour les mamans poules

Colin est le petit dernier d’une famille, fort nombreuse, de souris. Maman ne s’inquiète guère pour ses frères et soeurs, qu’elle laisse jouer tranquillou. Mais garde au chaud son petit Colin, si fragile. Elle ne veut pas l’envoyer dans ce monde terrible !
MAIS QUELLE BONNE IDEE (merci Grand-mère, qui aurait mieux fait de se taire).
Aussitôt dit, aussitôt fait : Maman enveloppe son Colin dans du coton et le laisse enfin sortir, l’esprit tranquille. Que pourrait-il bien lui arriver, protégé comme cela ?
Et bien, des tas de choses … qui ne seraient pas arrivées si  le pauvre Colin n’avait pas ressemblé, dans son coton, à une bonne meringue (miam, dit le canard), ou à un gros lapin blanc (le dîner favori du renard).

Mais notre Colin, poursuivi de toutes parts, s’en sortira en y laissant juste son enveloppe de coton … et Maman sera bien obligée de le laisser sortir … car oui, on se fait parfois mal, on tombe, on chute, on s’enrhume … Mais c’est la vie …
Ce très joli album, trouvé par hasard d’occasion, est un petit coup de coeur maternel. Petit Loulou ne l’a pas encore reçu (je fais des réserves pour les fêtes), donc pas de test avec lui, mais le thème me parle énormément.
J’ai toujours eu tendance à trop couver mes enfants, surtout Petit Loulou, le premier. Quand il était bébé, je préférais le garder sur mes genoux bien au chaud plutôt que de le laisser vadrouiller (des escaliers ! un cousin turbulent !). Je l’ai un peu mis dans du coton … et maintenant je me plains qu’il soit pot de colle 😉
L’école l’a bien dégourdi, heureusement, et Mini Louloute, en bonne deuxième, fait des tas de choses que son frère n’a jamais pu expérimenter au même âge.
Mais, en tant que maman poule qui se soigne, j’ai adoré ce petit album tendre. La morale est valable à la fois pour les petits peureux ET pour les mamans stressées : les (petits) bobos, c’est la vie !
Colin Coton, Jeanne Willis et Tony Ross, éd. Seuil jeunesse, 2007