La librairie de l’île, Gabrielle Zevin

“La librairie de l’île” est typiquement le livre feel-good qui réconforte, en ce mois de décembre où la fatigue commence à se faire sentir. Je l’ai acheté d’occasion sur un coup de tête, n’en attendant pas grand-chose, et n’étant pas sûre qu’il soit bon. “Encore une énième histoire qui se déroule dans une librairie, bon, tentons le coup”.

Et bingo, bonne pioche, j’ai a-d-o-r-é.

A.J. Fikry est libraire sur la petite île d’Alice, Massachussetts. Veuf, il est un peu au fond du trou, quand il trouve une petite fille de deux ans abandonnée dans sa boutique, Maya, avec une lettre de sa mère : “Je tiens à ce qu’elle grandisse entourée de livres et de gens pour qui la lecture compte”. Allons bon, se dit A.J., je ne vais tout de même pas la garder. Et pourtant … (suite…)

Monsieur Fée

“Monsieur Fée” m’avait tapé dans l’oeil sur le stand de son éditeur, au Salon du livre jeunesse de Bruxelles. Alors, quand il est apparu dans la liste Masse Critique Jeunesse de Babelio, j’ai foncé dessus, et j’ai eu le bonheur de le recevoir !

C’est donc l’histoire d’un petit éléphant, Monsieur Fée, qui vit dans la forêt avec toutes les autres fées. Il y a la Fée Bisou, la Fée des Bobo, la Fée du Courage … Chacune a un don particulier. Monsieur Fée, lui,  est un peu ronchi-ronchon parce que ses tours ratent toujours. Ses coups de baguette magique ne guérissent pas, ils changent les arbres en barbe à papa (tu parles d’un don sérieux). Il n’arrive qu’à chatouiller les autres, bref, il ne sert à rien. (suite…)

Présumée disparue, Susie Steiner

Edith Hind, une jeune étudiante de Cambridge, disparaît de chez elle un soir, en laissant ses clés, son sac et des traces de sang dans l’entrée de chez elle. Pour l’inspectrice Manon Bradshaw, ça ressemble fort à un cas de “disparition inquiétante”. Accompagnée de ses collègues, Manon va tout faire pour retrouver la jeune fille, qui se trouve être la fille du médecin de la famille royale, bonjour la pression. A mesure que son enquête avance entre deux rendez-vous Internet foireux, Manon découvre qu’Edith n’est pas si lisse qu’elle en a l’air … (suite…)

L’indésirable, Sarah Waters

 

“L’indésirable” m’a eue à retardement. J’ai lu tous les premiers romans de Sarah Waters, et acheté celui-ci à sa sortie, en 2010, mais je l’ai mystérieusement abandonné en cours de lecture et revendu. Il faut dire qu’il diffère des autres écrits de Waters, de par le narrateur masculin (elle est coutumière des romans lesbiens), et par le style, assez lent.

Puis, je suis tombée sur la bande-annonce du film tiré du roman, avec deux actrices que j’aime beaucoup – Charlotte Rampling et Ruth Wilson – qui m’a fait donner une deuxième chance au livre. (suite…)

La mère parfaite, Aimee Molloy

 

Voici un roman qui me faisait vraiment de l’oeil depuis sa sortie !

L’histoire d’un groupe de mères qui ont accouché le même mois, et dont le bébé de l’une d’entre elles disparaît le premier soir où elle s’autorise une sortie, sans que la baby-sitter ne remarque rien  … La réunion entre filles tourne alors au drame. L’enquête piétine et les autres mères décident de fouiner de leur côté … Tandis que Winnie, la mère célibataire du bébé disparu, passe bientôt de victime à suspecte …

Etiquetté “thriller”, ce n’en est pas vraiment un, à mon sens … je parlerais plus de suspense psychologique. Pour moi, un thriller c’est du sang, du glauque, des tueurs en série, des enquêteurs, … On est beaucoup plus ici dans l’histoire façon “Desperate Housewives” (j’allais écrire “qui tourne mal”, quand je me suis rappelée toutes les péripéties rocambolesques de cette série), ou dans la veine d’un Liane Moriarty (“Le secret du mari” etc). (suite…)

Capitaine Rosalie, Timothée de Fombelle & Isabelle Arsenault

Attention, petite pépite, attention, ce roman va vous voler le coeur …

J’avais eu un coup de foudre pour le “Livre de Perle” de Timothée de Fombelle, j’admirais depuis longtemps les illustrations de la québécoise Isabelle Arsenault, et Rosalie est un des prénoms préférés … Que me fallait-il de plus pour me jeter sur cette merveille ? Rien.

1917. Rosalie a cinq ans et demi, et vit avec sa mère, qui travaille à l’usine, tandis que son père est parti au front, pendant la Grande Guerre. Rosalie passe ses journées au fond de la classe des grands, au chaud, à dessiner dans son cahier, à rêver. Du moins, c’est ce que tout le monde croit … Car en réalité, la petite fille est en mission. Capitaine Rosalie, voilà comment elle se nomme. Elle a un but, quelque chose qui la fait se lever chaque matin, qui la fait tenir, malgré le chagrin de sa maman, malgré l’absence de son papa. (suite…)

Une année lumière, Nathacha Appanah

 

 

Ceci n’est pas un roman,  mais un recueil de chroniques choisies, écrites durant un an pour le journal La Croix. J’étais déjà tombée sur quelques unes de ces chroniques il y a quelques mois, et ce sont d’ailleurs celles-ci qui m’ont amenée à lire un roman de l’auteur;  “La noce d’Anna”

En relisant ma chronique d’alors, j’y retrouve l’extrait que je voulais mettre dans celle-ci, puisque j’évoquais déjà les chroniques du journal La Croix !

En 32 billets, Nathacha Appanah évoque son quotidien d’auteure, la création, l’écriture, mais aussi son enfance à l’île Maurice, le créole, le français, ses grands parents, sa fille, la maternité, la place de la femme, la rentrée littéraire, une “bibliothèque des sentiments”, les migrants, la mondialisation, plus généralement, notre société. (suite…)

Seuls les enfants savent aimer, Cali

 

Personne ne croise mon regard. Ils l’évitent, ce regard d’enfant triste. Un petit garçon de six ans abîmé.

Du chanteur Cali, je ne connaissais rien, rien qu’une chanson, “C’est quand, le bonheur ?”.  Rien qu’un air de musique, jusqu’à ce que mon amie d’Instagram, Céline, ne m’offre ce roman, à l’occasion d’un joli swap d’automne. Il l’avait tellement touchée, ce livre autobiographique, où Cali nous raconte le drame de sa vie, la mort de sa maman, emportée par un cancer, alors qu’il a à peine 6 ans. (suite…)

Brexit romance, Clémentine Beauvais

De Clémentine Beauvais, j’ai adoré “Songe à la douceur”, mais abandonné “Les petites reines”, trop ado pour moi. J’hésitais donc longuement devant son dernier roman au Salon du livre jeunesse de Bruxelles, quand la vendeuse me dit, avec des étoiles dans les yeux :”ah, ce livre ! Je suis en plein dedans, et comme j’ai hâte de retrouver les personnages ce soir !”. Une lectrice avec les yeux qui pétillent, ça c’est un argument. Je reparti donc le livre sous le bras. Je l’ai commencé dans le train, et terminé en quelques jours, accro, et rigolant toute seule. (suite…)

Dans les angles morts, Elizabeth Brundage

Une vieille ferme dans un village paumé de l’état de New-york. Le suicide des propriétaires, ruinés, laissant leurs trois fils, Eddy, Wade et Cole, tout seuls.

La maison est rachetée par un jeune couple, George et Catherine Clare, avec leur fille de trois ans, Franny.  Les trois fils Hale se font engager par les Clare pour remettre à neuf ce qui était leur maison, sans souffler mot de leur identité. George enseigne l’histoire de l’art à l’université pendant que Catherine élève Franny. Ils se font des amis même s’ils restent des étrangers pour les locaux, pour qui la ferme restera toujours aux Hale. Mais un soir de tempête de neige, Catherine est retrouvée assassinée, une hache dans la tête. La personnalité de George en met plus d’un mal à l’aise, mais est-il pour autant coupable de meurtre ?

Cela pourrait être un thriller, mais ce n’en est pas un, c’est bien mieux et bien plus que cela. C’est un livre d’ambiance, glauque à souhait, un roman sur tout ce qu’on ne voit pas, tout ce qui se cache “dans les angles morts”. Remontant le fil du temps, l’histoire nous dévoile le drame des Hale, puis celui des Clare. On suit Catherine, qui emménage à reculons dans cette maison “en réprimant un frisson” , jusqu’à sa mort, glaçante. (suite…)