Edith Hind, une jeune étudiante de Cambridge, disparaît de chez elle un soir, en laissant ses clés, son sac et des traces de sang dans l’entrée de chez elle. Pour l’inspectrice Manon Bradshaw, ça ressemble fort à un cas de “disparition inquiétante”. Accompagnée de ses collègues, Manon va tout faire pour retrouver la jeune fille, qui se trouve être la fille du médecin de la famille royale, bonjour la pression. A mesure que son enquête avance entre deux rendez-vous Internet foireux, Manon découvre qu’Edith n’est pas si lisse qu’elle en a l’air …

Moi qui n’achète pratiquement jamais de polar, je me suis laissée emporter par les promesses de la jaquette, qui annonçaient “une irruption fracassante sur la scène du polar mondial” (rien que ça), “un roman intelligent écrit avec style” (tiens tiens), mais SURTOUT l’argument suprême : “un suspense tout en nuances pour les fans de Kate Atkinson” (soit l’une de mes auteures préférées). Bon. J’ai donc joyeusement craqué et me suis plongée avec délice dans ce roman, dévoré en quelques jours.

L’intrigue est bien ficelée et tient son lecteur en haleine, mais le roman vaut surtout pour sa galerie de personnages, l’inspectrice Manon Bradshaw en tête. Elle est désespérée, accumule les rendez-vous foireux avec des types rencontrés en ligne, elle est cash, elle est brut de décoffrage, elle est nature, elle est hyper attachante.

Si elle était sincère, son profil afficherait plutôt :

Misanthrope, avec un oeil rivé au fond du gouffre du célibat. Tendance exaspérante à chercher la faute chez autrui. Exhale des RDD (Relents De Désespoir). Vit dans une galaxie infinie de solitude.

Etudes : niveau intimidant. Prête à le cacher toutefois. Sujette aux crises de larmes. Souvent, se retrouve à googler : “Faire un enfant à 40 ans”. Recherche : philanthrope amateur de lecture, avec formation en psychothérapie, qui sache monter des étagères. Lunettes de vue tolérées.

Je n’aime pas : la plupart des crétins que je rencontre sur Internet.

J’ai été autant passionnée par la résolution de l’enquête autour d’Edith que par les péripéties amoureuses de Manon, et séduites par ses réparties caustiques, ses punchlines et son désespoir. Elle est terriblement humaine, et donne tout son sel à ce suspense, qui offre aussi une réflexion sur la solitude et les apparences,  bien écrit, enlevé et passionnant jusqu’au bout.

J’ai trouvé effectivement quelques similitudes avec Kate Atkinson (à quand un nouveau roman ???), dans l’humour british, et l’usage des parenthèses, mais Susie Steiner a réussi un roman et une héroïne qui se démarquent, et je n’ai qu’une envie, c’est de lire à nouveau une enquête de l’inspectrice Manon Bradshaw !

“Présumée disparue”, Missing, presumed, Susie Steiner, éd. Les arènes (Equinox), 2018, 534 pages

 

4 Comments on Présumée disparue, Susie Steiner

    • Je suis une inconditionnelle d’Atkinson, alors tu penses … et sinon, ça fait plusieurs fois que je m’insurge contre ces bandeaux promos et autres éloges dithyrambiques sur la quatrième ! On est souvent déçu au final … mais ici, je suis ravie de ma lecture 😉

  1. Ta chronique me donne encore plus envie de sauter sur ce roman qui m’attend dans ma PAL mais qui ne devrait plus tarder à passer entre mes mains. J’adore les enquêteurs britanniques en règle général, j’ai donc espoir qu’il me plaise beaucoup. J’ai hâte!

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