Petit roman (ou novella ?) de 85 pages, vite lu, savouré comme un petit bonbon. Sur la base des quelques mois passés par Schubert dans la famille Esterhazy, engagé comme maître de musique pour leur deux filles, Gaëlle Josse imagine, invente, une histoire d’amour entre Franz et Caroline, la plus jeune. Roman biographique car la passion de Schubert pour la jeune femme est connue, il lui dédiera sa Fantaisie en Fa mineur en 1828, mais nous ne savons pas si elle a été partagée …. Pendant cet été, Schubert composera beaucoup de morceaux à jouer à quatre mains avec sa jeune élève, seule occasion pour lui d’être près d’elle, et de la frôler, au piano …

 Où sont ses espérances de jeunesse ? Il a vingt-sept ans. Depuis l’adolescence il n’a cessé de composer. L’estime, la notoriété, la reconnaissance sont là, mais le succès, le vrai succès, la gloire, la célébrité se dérobent, il pressent qu’il en sera toujours ainsi. Seules la pauvreté, la maladie font route avec lui. Pourtant, il a encore tant de musique à accueillir.

Schubert a 27 ans donc, et il lui reste quatre ans à vivre. Dans la moiteur de cet été en Hongrie, il est heureux d’être au calme à la campagne, pour composer, tout en étant nourri, logé, par la famille Esterhazy, qui furent les protecteurs de Mozart, Haydn, … Il pressent en Caroline une âme soeur, et, sans que rien ne soit dit, ni même suggéré, il se prend à rêver d’une passion réciproque avec la jeune femme.

D’une écriture sobre et tout en retenue, Gaëlle Josse nous offre une histoire (trop) courte, romantique et pleine de non-dits. Si j’ai beaucoup apprécié ma lecture, je suis un peu restée sur ma faim … Pourquoi ne pas avoir développé plus ?

Dans une introduction, l’auteur nous parle de la place de Schubert dans sa vie, et rend un vibrant hommage à ce compositeur sensible, que, personnellement, j’écoute beaucoup aussi …

Schubert parle au cœur, en accompagnant les plus ténus, les plus impalpables de nos états émotionnels intérieurs, sa musique nous atteint avec une désarmante simplicité, comme la main d’un ami posée sur notre épaule.

Un joli petit roman, sensible et délicat, où j’ai retrouvé avec plaisir la plume de Gaëlle Josse, tant appréciée dans “Une longue impatience”.

“Un été à quatre mains”, Gaëlle Josse, éd. Ateliers Henry Dougier, 2017, 85 pages

3 thoughts on “Un été à quatre mains, Gaëlle Josse

  1. Très tentant rien que pour le plaisir de retrouver la plume de Gaëlle Josse 😍 Ton bémol est le même que moi pour Les heures silencieuses qui était magnifique mais trop court à mon goût également

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *