Je suis plongée dans “Étés anglais”, LE livre qu’on voit partout sur Instagram … Mais j’ai eu un peu de mal à entrer dedans, et j’ai pioché “Vinegar Girl” tout au fond de ma Pal parce que j’avais besoin d’un intermède …

Bonne pioche ! J’ai englouti les 200 pages du roman en deux petits jours, avec délectation 😉 Présenté comme une relecture de “La mégère apprivoisée” de Shakespeare, dont Anne Tyler a transposé l’histoire de nos jours à Baltimore, le roman est un régal , piquant, drôle, enlevé et bien écrit.

Kate Battista, 29 ans, vit toujours chez son père, veuf, éminent scientifique, sur le point de clôturer ses travaux, toujours fourré dans son laboratoire. Kate travaille sans conviction en tant qu’assistante dans une école maternelle, mais sa franchise et sa liberté de ton n’y sont pas bien vus. Flanquée d’une soeur de 15 ans en pleine rébellion (végétarienne), Kate fait office de vieille fille qui tient la maisonnée. Jusqu’au jour où son père lui propose un mariage blanc avec Pyotr, son fabuleux assistant, dont le Visa expire bientôt et totalement indispensable à la suite de ses recherches. D’abord plus que réticente, Kate va examiner la proposition, qui pourrait lui permettre de prendre – enfin – son envol, et de s’affranchir de sa famille étouffante.

Ce n’était pas étonnant au fond, se disait Kate. Ils étaient heureux de se débarrasser d’elle. Elle leur avait donné tellement de fil à retordre – une enfant peu commode, une adolescente morose, une étudiante ratée. Qu’allaient-ils bien pouvoir faire d’elle ? Mais ils avaient désormais la solution : la marier. Ils n’auraient plus du tout à se soucier de son avenir.

Kate est une héroïne attachante, avec ses sautes d’humeur, sa franchise, son manque de tact, ses réparties cinglantes. Quant à Pyotr, avec ses fautes de grammaire et son vocabulaire approximatif, il se révèle terriblement touchant. Voilà un petit roman qui ferait un excellent film, dans le genre de la comédie domestique grinçante !

“Vinegar Girl” est un roman bourré d’humour, de scènes familiales cocasses, à l’écriture efficace et un brin “britsh“, même si l’auteure est américaine. Un excellent moment de lecture -pile ce qu’il me fallait pour me remettre en selle, après mon passage à vide (merci pour tous vos commentaires d’ailleurs, sur mon billet précédent !).

“Vinegar Girl”, Anne Tyler, Phébus, 2018, 222 p.

6 thoughts on “Vinegar Girl, Anne Tyler

    1. Merci Sandrine ! J’ai un vague souvenir d’avoir tenté de la lire avec “Une bobine de fil bleu” à sa sortie mais j’avais abandonné.

  1. Et bien voilà qui donne envie! Surtout s’il fait rire, on en a tellement besoin en ce moment! Et l’humour anglophone décalé, ça me parle! J’aime bien l’extrait que tu as choisi!
    La couverture du livre est magnifique. J’avoue être très sensible au “packaging” (pas que pour les bouquins d’ailleurs!). J’ai travaillé avec mon groupe de lycéens de classe de littérature anglaise sur le phénomène “blind date with a book”… et bien cela m’a laissée perplexe! Choisir un livre emballé dans du papier kraft juste grâce à trois mots-clé… bof… J’ai besoin de la couverture, et aussi du quatrième, j’avoue…
    Donc, là, oui, envie d’aller contre l’adage “Don’t judge a book by its cover!”
    Merci pour ce billet!

    1. Je suis comme toi, l’objet-livre a énormément d’importance pour moi, non seulement la couverture mais aussi le grain de papier, l’édition, bref c’est une des raisons pour lesquelles je suis incapable de lire sur écran ! Merci pour ton petit mot ici !

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